Le Musée national de Guinée a servi de cadre, mercredi 16 septembre, à la restitution des travaux du « chantier des collections », une étape majeure du projet Musée virtuel de Guinée. Réunissant plusieurs acteurs culturels, la rencontre a été marquée par la reconnaissance des agents mobilisés pour ce travail et par la signature d’un mémorandum d’entente entre le Musée national, les Archives nationales et la Bibliothèque nationale.

Le « Chantier des collections » a mobilisé plus de trente cadres issus notamment du Musée national, des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale, de l’IRLA, de l’Institut supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka, du Musée de l’Armée et de l’ONACIG. Sous la supervision d’experts en conservation préventive, l’équipe a procédé au traitement méthodique de 2 240 objets. Financé par la coopération française à travers Expertise-France, le projet, déployé sur onze mois d’activités ambitionne de faire entrer le patrimoine guinéen dans l’ère numérique. Il entend contribuer au renforcement de la collaboration pour la conservation, la numérisation, la recherche et la valorisation de la mémoire nationale.

Du prélèvement au nettoyage, en passant par le constat d’état, le pesage et le marquage, chaque pièce a fait l’objet d’un suivi rigoureux avant son enregistrement dans une base de données centralisée. En parallèle, des opérations de numérisation ont permis de traiter 476 objets en 2D et 13 pièces emblématiques en 3D, parmi lesquelles les célèbres cases patrimoniales de Kankan.

Une vue des participants à la cérémonie

Christine Battesti, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en Guinée, affirme que ce projet ne saurait se résumer à la mise en ligne des collections. Elle voit la numérisation comme l’aboutissement d’un travail préalable de connaissance et de documentation du patrimoine. « Le musée virtuel de Guinée pourrait, à première vue, n’être considéré que comme une plateforme numérique. Mais le numérique est en réalité, l’aboutissement d’un travail beaucoup plus profond, car avant de pouvoir montrer et valoriser les collections, il faut d’abord les connaître ». Elle a rappelé que, pendant plus de huit mois, des professionnels ont travaillé à identifier, documenter et évaluer l’état de conservation des collections du Musée national. Pour elle, l’enjeu du projet est de mobiliser les compétences acquises au-delà du Musée national, afin d’accompagner la numérisation d’autres collections. Elle a annoncé un financement de sept millions d’euros accordé en mai dernier pour le patrimoine national guinéen.

Numériser les archives nationales

Au-delà de la numérisation, les institutions concernées ambitionnent de développer des actions communes dans les domaines de la conservation, la recherche, la documentation et de la valorisation du patrimoine national. Un projet que le Directeur général des Archives nationales de Guinée, Saidou Amadou Diallo, voit comme une collaboration plus structurée. « Le mémorandum d’entente doit nous permettre de mieux nous approprier le travail que nous allons faire ensemble avec les trois institutions. Toutefois, ce mémorandum reste ouvert aux autres institutions dont l’Institut national de l’audiovisuel, le Centre de documentation administrative et toutes autres institutions qui ont les mêmes vocations que les nôtres ».

Signature du mémorandum d’entente

Saidou Amadou Diallo estime que la collaboration doit permettre aux institutions concernées de « travailler ensemble de manière efficace », afin de contribuer au rayonnement du patrimoine historique, culturel et archivistique du pays. Il promet : « Nous allons très bientôt commencer la transformation digitale de nos archives, à savoir la numérisation et la création d’une plateforme qui rendra accessibles toutes nos archives publiques dans ce pays, conformément aux textes de loi en vigueur ».

Accessible en Guinée et ailleurs

Côté du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, le mémorandum doit favoriser la création de passerelles entre les institutions, le partage d’expertises et de bonnes pratiques ainsi que le renforcement de la documentation des fonds et collections. Représentant du ministre à cette cérémonie, Youssouf Boundou Sylla, le secrétaire général du département de la Culture, a insisté sur la nécessité de faire connaître la future plateforme auprès du public. Selon lui, la réussite du projet dépendra de sa capacité à attirer les utilisateurs guinéens et étrangers. « Il est bien beau de valoriser les objets qui sont mis en ligne, mais si on ne peut pas rendre ces objets visibles au public guinéen et étranger, c’est comme si l’argent public ou l’argent des partenaires techniques et financiers avait été mis à la poubelle ». Youssouf Boundou a ainsi invité les responsables du projet à élaborer un plan de communication et a plaidé pour une large visibilité de la plateforme sur les supports numériques du gouvernement. « Ce n’est pas seulement la plateforme du ministère de la Culture, elle doit être accessible à tous et pour tous », a-t-il indiqué.

La cérémonie s’est achevée par la signature du mémorandum d’entente entre les directions des Archives, la Bibliothèque nationales et le Musée national de Guinée. L’accord doit renforcer la collaboration entre ces institutions chargées, chacune à son niveau, de la conservation, de la documentation et de la transmission de la mémoire nationale.

Abdoulaye Pellel Bah