Il aura fallu attendre près d’une semaine pour voir le Chef de l’Etat auprès des rescapés de l’éboulement de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia. Mamadi Doum-bouillant s’y est enfin rendu dans l’après-midi du 29 août, accompagné de ses proches : Amara Camara, ministre secrétaire gênant de la Présidence, porte-voix de la Présidence, Ousmane l’ex-Gawa de l’UFDG et ministre des Transports, Djénabou Touré, ministre de l’Administration du trottoir et de la décentralisation, l’ont devancé sur les lieux.  

Le Doum-bouillant a constaté les dégâts, sans piper maux. Il en a laissé le soin à Amara Camara, lequel a précisé que l’objet de la visite présidentielle était de réconforter les sinistrés : « Le chef de l’État a été aussi endeuillé par ce drame. Il est venu compatir à la douleur de l’ensemble de la population. Il est là aussi pour s’assurer que les instructions données sont en train d’être exécutées sur le terrain. »  

Depuis le drame, de vives critiques ciblent les autorités accusées d’immobilisme : « Ce qui est arrivé est dramatique, nous regrettons les pertes en vies humaines. C’est accidentel, ce n’est pas parce que l’administration n’a pris ses responsabilités. Elle était passée plusieurs fois sur le site, des déguerpissements ont été faits plusieurs fois, des indemnisations aussi. Mais les occupations illégales ont persisté », s’est dédouané le porte-voix de la Présidence. Il rappelle que le déguerpissement autour du site devrait commencer le 24 août et que « le drame est venu l’accélérer. » 

Amara Cas-marrant annonce la transformation du lieu du sinistre : « Il est prévu de le faire disparaître grâce à un projet que le Chef de l’Etat a mis en place. Ce lieu doit être transformé en parc urbain pour contribuer à l’embellissement de notre belle capitale. Les jours à venir, des communications vont être faites par rapport aux inhumations de nos frères et sœurs qui ont perdu leur vie. » 

« Nous sommes fatigués de pleurer ! » 

Après l’éboulement, les autorités ont lancé un déguerpissement aux abords de la décharge. Le même 29 août, les victimes de l’éboulement et des déguerpissements de Dar-es-Salam se sont faits entendre. Ils demandent à l’Etat de procéder à la « délocalisation définitive de la décharge de Dar-es-Salam dans les plus brefs délais. Cette demande n’est pas nouvelle. Dar-es-Salam a déjà connu une tragédie en 2017. Et aujourd’hui, en 2026, nous sommes encore confrontés à une catastrophe meurtrière. Combien de vies faudra-t-il encore perdre ? Combien de familles faudra-t-il encore endeuiller ? Combien de maisons faudra-t-il encore démolir ? Nous disons que ça suffit ! Maintenant la décharge doit quitter et c’est non négociable. »  

Ces victimes disent être à bout de souffle : « Nous sommes fatigués de pleurer. Nous sommes fatigués de voir nos maisons détruites. Nous sommes fatigués de perdre nos biens. Nous sommes fatigués d’attendre. Mais malgré tout cela, nous voulons encore croire en notre pays. Nous ne demandons pas de faveurs, nous demandons simplement que notre souffrance soit entendue et que les engagements pris soient respectés par l’État. » 

Dans la nuit du 22 au 23 août, un éboulement à la décharge de Dar-es-Salam a fait une trentaine de morts, une vingtaine de blessés et de nombreux dégâts.  

Souleymane Bah