Un drame s’est produit dans le quartier Somayah-Mosquée, dans la commune urbaine de Coyah. Le corps de la petite Mamie Delamou, 6 ans, a été découvert dans une pièce du domicile familial mardi 11 août, vers 4h du matin. La victime se trouvait couchée sur un sac de charbon et dissimulée dans un imperméable noir.
Selon les témoignages recueillis auprès des proches de la famille et de représentants de la communauté Kpèlè, la principale suspecte dans ce drame est Simone Koné, élève de la 6ᵉ année. Originaire de la Guinée-forestière, elle était arrivée à Coyah, six jours seulement, pour rendre visite à sa marraine et homonyme.
Interrogé, Jacques Banamou, représentant de la communauté Kpèlè, rapporte les explications données par la suspecte. Selon son récit, la victime se plaignait de maux de ventre à sa sortie de l’école, après avoir vomi. Une fois à la maison, elle aurait demandé des médicaments à Simone Koné en lui disant : « Grande sœur, donne-moi des comprimés, j’ai très mal au ventre. »
La jeune fille lui aurait répondu qu’elle venait d’arriver, qu’elle ne connaissait pas encore les lieux et qu’il fallait attendre l’arrivée de la maman. Simone se serait ensuite assise à côté de Mamie Delamou, qui se serait endormie. Toujours selon les explications rapportées, Simone aurait ensuite réveillé Mamie, en lui disant : « Lève-toi, va te coucher dans la chambre, je prépare pour nous… »
Une disparition qui suscite interrogation
Pour sa part, Niankoye Loua, oncle de Mamie, explique que la famille s’est mobilisée pour rechercher la fillette après sa disparition. «Après plusieurs heures de recherches infructueuses, nous n’avons trouvé aucune trace et nous nous en sommes remis à Dieu», témoigne-t-il. Selon lui, c’est vers 4h du matin qu’il a été informé de la découverte du corps dans une chambre de la maison.

Arrivé sur les lieux, il aurait également été informé de la présence d’une suspecte. Il affirme que la famille a tenté d’obtenir des explications auprès de celle-ci, sans y parvenir. Niankoye Loua explique que c’est lorsqu’il a fait croire qu’il était le chef de la prison de Wonkifong, que Simone aurait reconnu avoir frappé Mamie.
« Je l’ai frappée », aurait-elle avoué
Interrogée sur la manière dont elle aurait porté les coups, Simone aurait répondu : « Je l’ai frappée avec ma main au niveau du cou. Après un moment, de la salive a commencé à sortir et elle saignait. Je l’ai envoyée dans la chambre et je l’ai couchée. J’ai eu peur, alors je l’ai installée sur le sac de charbon, je l’ai couverte, j’ai mis un plastique sur sa tête et l’imperméable sur son corps », rapporte l’oncle de la victime.
Une procédure judiciaire engagée
À la suite de la découverte du corps, indique Niankoye Loua, ils ont saisi les autorités. « Ce matin, nous avons convoqué le bureau de la communauté Kpélè. Les représentants sont venus et nous sommes directement allés saisir les autorités. » Selon lui, les autorités locales ont effectué les constatations nécessaires, peu après une équipe médicale de l’hôpital est également intervenue.
Au moment où nous quittions les lieux à 12h, le corps de Mamie Delamou a été transféré à la morgue de l’hôpital préfectoral de Coyah. Simone Koné, présentée comme la principale suspecte, a, quant à elle, été conduite à la Brigade de recherche de Coyah, pour son audition, accompagnée par la famille de la victime. L’affaire est désormais entre les mains des autorités compétentes, qui devront établir les circonstances exactes du décès et déterminer les responsabilités dans ce drame.
Mariama Dalanda Bah,
Envoyée spéciale

