Le 5 août, en safari au Ghana, Aminata Bangoura, alias « La maman des enfants », a frôlé l’extradition vers la Guinée. L’ex-propagandiste du CNRD aurait des démêlées judiciaires dans son pays.

Elle passait pour intouchable, Aminata Bangoura, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudo de « La maman des enfants. » Guinéenne, doublée de la nationalité belge, la trentenaire était un fervent soutien du pourboire. Adepte de propagande et prête à injurier pour lui. Certainement forte de ses entrées au palais présidentiel. Mais un beau matin, le vent a tourné. Les portes se sont refermées. Elle a donc mis les voiles vers des cieux plus cléments.

Officiellement, la propagandiste a des démêlées avec la justice guinée-haine. Elle doit répondre aux nombreuses plaintes de particuliers qui l’accusent d’escroquerie, d’abus de confiance. La jeune dame resterait devoir beaucoup de sous à des gens envers lesquels elle aurait pris des engagements (marchandises, postes…) non honorés. La Maman des enfants, qui distribuait des iPhone dernier cri comme des cacahuètes, devrait jusqu’à 6 milliards de francs glissants à des tiers. De quoi contraindre « La maman » à s’enfuir, en abandonnant « ses enfants » orphelins.

Le 5 août, Aminata Bangoura, loin d’imaginer que son nom figurait sur la liste rouge d’Interpol, embarque à Paris pour le Ghana. À Accra, elle est cueillie par la police des frontières. Une procédure d’extradition vers la Guinée est enclenchée : « Nous ne savons pas exactement ce qui lui est reproché, on n’a pas le dossier. Elle nous a néanmoins confirmé qu’elle est l’ex-compagne d’Amara Camara. Elle nous a dit qu’on la cherche suite à des malentendus entre elle et monsieur Camara. À la suite d’une rupture difficile, elle aurait menacé de divulguer des informations qu’elle détiendrait sur l’officier », explique l’avocat (sans vinaigrette) ghanéen, Me Oliver Barker-Vormawor.

La phobie du retour au bled

Interpellée peu avant 7 heures du matin, la dame a été brièvement gardée au commissariat de police de Cantonments, puis retournée à l’aéroport en vue de son expulsion. Elle s’y oppose catégoriquement, arguant craindre pour sa vie une fois en Guinée. Elle s’est enfermée dans les toilettes, a exigé la présence de son avocat. Les flics ont forcé la porte, pour la tirer de là. Dans un audio qui circulait sur internet (quand il y en avait un peu), Aminata Bangoura crie au complot : « Vous m’avez caché la réalité, en me faisant croire que nous nous rendions dans les bureaux d’Interpol. Je ne veux pas aller en Guinée. Je n’irai pas sans mon avocat. Je connais mes droits. »

Les sévices de sécu de l’aéroport l’ont finalement embarquée de force dans le coucou, avant de suspendre l’extradition. « Nous avons rappelé aux autorités ghanéennes de protéger toute personne se trouvant sur le territoire ghanéen », plaide l’avocat (sans vinaigrette).       

Oliver Barker-Vormawor charge : « Les responsables de l’ambassade de Guinée au Ghana se sont arrangées avec la police pour qu’elle soit extradée rapidement. La notice n’était même pas sur le site d’Interpol. Elle a été faite lorsqu’elle était déjà dans l’avion vers le Ghana… Les autorités judiciaires ghanéennes disent juste que c’est à la demande des autorités guinéennes. »

Aminata Bangoura n’est pour le moment pas extradée. Une procédure d’urgence engagée auprès de la justice ghanéenne par son conseil lui permet de souffler. La Belgo-guinéenne a demandé l’asile.

En Guinée, c’est l’omerta sur l’affaire. Me Jean-Baptiste Jocamey Haba, l’autre avocat (guinéen) d’Aminata, bégaie : « Je ne veux pas compromettre la procédure au niveau d’Accra. Je ne communiquerai qu’en cas de stricte nécessité. » C’est déjà le cas, non ?

Yacine Diallo