Face à ce qu’elle qualifie de « manquements aux engagements » pris par l’administration de l’Université général Lansana Conté de Sonfonia, la section syndicale décide suspendre, avec effet immédiat, toute activité au sein de l’institution. Dos au mur, les responsables de l’université cherchent à relancer le dialogue, au point mort depuis des mois.
Comme dans le secteur de l’enseignement pré-universitaire où la situation des contractuels communaux non encore engagés dans la fonction publique risque de crisper la prochaine rentrée scolaire, l’enseignement supérieur pourrait, lui aussi, connaître des perturbations, du moins dans l’une des plus grandes universités du pays : l’Université général Lansana Conté de Sonfonia. Une crise oppose les responsables à la section syndicale. Le SNAESURS (Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique) dénonce, dans un courrier, ce qu’il appelle la violation « des règles régissant la vie universitaire, l’absence d’un dialogue constructif depuis l’installation du nouveau recteur », réclame « l’application stricte » du règlement intérieur de l’université et l’ouverture d’un dialogue sincère. Les syndicalistes décident d’utiliser la méthode forte pour contraindre les responsables de l’institution à prêter une oreille attentive à leurs revendications. Décision est prise de boycotter, « jusqu’à nouvel ordre », les activités de l’université. Les enseignants exigent notamment la fin des difficultés « d’ordre pédagogique, scientifique, académique et social. »
Vers le dénouement de la crise ?
Pour obtenir gain de cause, les protestataires menacent même de paralyser la rentrée universitaire. Mais il semble qu’ils aient décidé de revenir à de meilleurs sentiments, les lignes commençant à bouger. Ils sont en tout cas prêts à s’asseoir sur la table des négociations avec les responsables de l’institution pour plancher sur la plateforme revendicative. Selon Mamadou Adama Sow, secrétaire général de la section syndicale, un tête-tête avec des délégués du rectorat a permis d’éclaircir certains points : « La confusion a été créée par le manque de concertation entre les deux parties. Ils nous ont reçu, nous avons exprimé nos inquiétudes. Ils se sont expliqués… Nous allons retrouver notre base pour faire le compte rendu. » Il assure qu’un accord entre les deux parties est désormais envisageable : « Nous reviendrons vers la direction de l’école. Mais je suis convaincu que nous trouverons un terrain d’entente. »
Le syndicaliste affirme que le rectorat, pour éviter toute nouvelle crispation, commence déjà à satisfaire certaines de leurs revendications : « Les lignes bougent. Nous ne pouvons pas encore tout mettre sur la place publique, mais nous sommes à presque 50% de satisfaction de nos revendications. »
Mamadou Adama Sow demande à ses syndiqués de rester calmes et d’attendre la consigne de la section syndicale : « Nous demandons à tout le monde de rester calme et serein, de ne céder à aucune provocation et d’attendre nos consignes. Nous ne cherchons pas à aller en bras de fer avec l’administration de l’école, à braver l’autorité, nous voulions simplement nous faire entendre, et c’est désormais chose faite. L’autorité a compris le message et prend actuellement des dispositions pour régler la situation. »
Yacine Diallo

