Le procès d’Algassimou Diallo s’est poursuivi le 8 septembre devant les Chambres réunies de la Cour suprême. Le juge Ibrahima Sory I Tounkara a renvoyé l’affaire au 15 octobre prochain pour l’ouverture des débats.
La Cour suprême devait dire, ce mardi, si elle renvoyait le dossier en octobre pour permettre à la défense de finir ses vacances et mieux se préparer ou si elle passait outre pour ouvrir les débats au fond. Les deux Chambres réunies, pilotée par le juge Ibrahima Sory I Tounkara, ont renvoyé l’affaire au 15 octobre prochain pour les débats au fond. Le juge exige également que l’accusé soit présent à cette audience. Il ordonne ainsi au procureur général près la Cour de tout mettre en œuvre pour qu’Algassimou Diallo soit présent à Conakry ce jour.
A l’ouverture de l’audience, Ibrahima Sory I Tounkara s’est interrogé sur l’absence de l’accusé dans la salle d’audience : « Pourquoi l’accusé n’est pas là ?» demande-t-il au ministère public. Sidy Souleymane Ndiaye d’expliquer que la Cour peut se « prononcer même en l’absence de l’accusé. Il est objet d’un transfèrement et détenu à la Maison d’arrêt et de correction de Macenta. »
Sans accusé, pas de décision ?
La posture du ministère public n’a pas été du goût de la défense, opposée à toute décision en l’absence de son client : « Nous sommes en matière pénale. La procédure exige que le sujet pénal soit présent. Dire qu’on peut vider le délibéré en son absence est très grave…Le respect de cette institution commande que l’accusé soit dans cette salle pour entendre la décision.», explique Me Moussa Diallo.
Pour Sidy Souleymane Ndiaye, la défense s’est prise à son propre piège, en demandant le renvoi : « Elle disait vouloir mieux préparer la défense de son client. Nous disions que la demande était insuffisamment motivée. Nous avons insisté sur la nécessité d’ouvrir les débats…Nous attendons plus de vous que vous vidiez le délibéré. » Mais Me Moussa Diallo persiste : « Sauf si la personne poursuivie est en fuite, sinon, celui qui est poursuivi doit être présent…Supposons alors que la Cour rejette la demande de la défense, ordonne l’ouverture des débats, comment allez-vous le juger en son absence ? » Mais le juge renvoie l’affaire au 15 octobre prochain, en persistant sur la nécessité d’extraire l’accusé de la prison de Macenta en vue de son procès.
« Il se porterait bien »
Le 7 septembre, des informations selon lesquelles Algassimou Diallo a échangé avec ses conseils ont circulé. Me Moussa Diallo réfute cette affirmation : « J’ai eu ce lien-là hier où RFI dit que le collectif aurait échangé avec Algassimou, je ne pense pas que quelqu’un parmi nous ait pu échanger directement avec lui depuis qu’on s’est quittés ici la dernière fois, le vendredi. C’est une information que je ne confirme pas parce que, en notre sein, on n’a pas eu quelqu’un parmi nous qui nous a dit qu’il a eu à échanger avec M. Algassimou. »
L’avocat confirme cependant qu’un de leurs confrères, présent à Macenta, confirme l’incarcération de l’ex-procureur dans cette ville de la Guinée forestière : « Nous avons essayé de savoir quel confrère serait du côté de Macenta. On est tombé sur un des nôtres à qui on a demandé de bien vouloir se rendre à la prison civile de Macenta, question de vérifier qu’il est bien à Macenta, de s’assurer de son état physique pour nous permettre d’avoir un esprit tranquille sur ce sujet…Dans l’ensemble, il se porterait bien, apparemment. »
Yacine Diallo

