Au lendemain du voyage d’Ibrahima Kassory Fofana en France pour ses soins médicaux, le Chef de l’Etat Mamadi Doumbouya a pris la parole. Le Président de la République a expliqué sur sa page Facebook, ce 19 septembre, qu’il laissé l’ex Premier ministre et Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale partir par pure humanisme. Il précise que son acte n’a, en aucun cas, soustrait les deux de la justice
Mes chers compatriotes,
Peuple souverain de la République de Guinée,
𝐒𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭 𝐚 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐜𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, le Chef de l’État se doit de parler lui-même.
𝐉𝐞 𝐦’𝐚𝐝𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐚 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞𝐝𝐢𝐚𝐢𝐫𝐞, au sujet du départ à l’étranger de messieurs Amadou Damaro Camara, ancien président de l’assemblée nationale et Ibrahima Kassory Fofana, ancien premier ministre.
Disons d’abord ce qui ne change pas. La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact, nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions.
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐮𝐧 𝐄𝐭𝐚𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐭 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐜œ𝐮𝐫. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées.
𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐧𝐢 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐦𝐧𝐢𝐬𝐭𝐢𝐞, 𝐧𝐢 𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐜𝐞, 𝐧𝐢 𝐮𝐧 𝐚𝐫𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐞 𝐝’𝐡𝐮𝐦𝐚𝐧𝐢𝐭𝐞, 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐦𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐮𝐬.
Car 𝐣𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐱 𝐮𝐧𝐞 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐣𝐮𝐠𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐡𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐚𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐚𝐜𝐡𝐚𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭. La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence. 𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐚𝐧𝐜𝐮𝐧𝐞, 𝐧𝐢 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite.
Notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction. Car ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : 𝐥’𝐞𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬, 𝐥’𝐞𝐚𝐮 𝐞𝐭 𝐥’𝐞𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐬 𝐟𝐨𝐲𝐞𝐫𝐬, 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬𝐬𝐞. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est 𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐫𝐨𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬.
Que Dieu bénisse la République de Guinée.
𝐒.𝐄 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐢 𝐃𝐎𝐔𝐌𝐁𝐎𝐔𝐘𝐀
Président de la République

