Amara Camara croupit au gnouf depuis 2008 en Mauritanie, après avoir été jugé et condamné à mort par un tribunal de Nouakchott pour « homicide. » Son frère aîné, Lamine Camara, plaide l’implication présidentielle de Mamadi Doum-bouillant.

Son calvaire a commencé en 2008, lorsqu’Amara Camara, aujourd’hui âgé de 42 ans, a voulu gagner l’Espagne par la Mauritanie. Aussitôt arrivé à Nouakchott, il a rencontré un certain Oumar Sidibé, Guinéen, qui l’a hébergé. Selon Lamine Camara, l’hôte de son frère aurait tué une Française d’origine ivoirienne. « Il a dit à mon frère : tu es chez toi, nous venons de la même sous-préfecture. Oumar Sidibé est sorti en disant à Amara Camara qu’il a un programme et qu’il rentrera le lendemain. Le lendemain, la police mauritanienne fait irruption et trouve mon frère au salon, l’interpelle et le met en prison », explique Lamine Camara.

« Vous aviez promis de n’abandonner aucun Guinéen »

Des années durant, la famille d’Amara Camara perd ses nouvelles. Pire, elle le croit mort : « Comme il voulait aller en Espagne via la Mauritanie, nous entendions souvent parler de naufrages dans ce pays. Nous avions appris qu’il était décédé. Un certain Bobo s’est rendu dans cette prison, il a vu mon frère. Celui-ci lui a dit qu’il est Guinéen de Beyla. Ainsi, Bobo a informé l’ambassade de la Guinée au Sénégal. C’est comme cela que nous avons su qu’il est vivant ».

Selon Lamine Camara, son petit frère a été jugé le 10 juillet 2008, pour « homicide », sans avocat. « Il s’est retrouvé au mauvais moment et au mauvais endroit. C’est pourquoi il est condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis. Selon nos informations, le co-accusé d’Amara Camara a témoigné avoir commis le crime avec Oumar Sidibé, toujours en fuite. Dans sa cellule, Amara Camara est complètement désespéré. »

Lamine Camara déclare avoir saisi le parquet général près la Cour d’appel de Cona-crime et le ministre guinéen des Affaires étrangères à travers l’ambassade de Guinée au Sénégal. « Mais jusque-là, les lignes ne bougent pas. J’exhorte le Président de la République à s’impliquer. Si mon frère doit purger sa peine, nous voulons qu’il la purge en Guinée. Le Président Mamadi Doumbouya avait déclaré qu’aucun Guinéen ne serait abandonné à l’étranger. Nous voulons qu’il nous aide.»

Lamine Camara croit que l’extradition de son frère serait un geste fort de la part de Mamadi Doum-bouillant. Et de conclure par ce cri de cœur : « Faites de ce dossier, monsieur le Président, une affaire personnelle ».

Souleymane Bah