Le 25 septembre, l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Union des forces républicaines dissous par le régime actuel, Sidya Touré est décédé à Paris des suites de maladie. Celui que votre satirique appelait le Sid de l’UFR était en soin depuis une dizaine de jours dans la capitale française. Sidya Touré était en exil en Côte d’Ivoire depuis la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) en 2021. Sur la toile, les hommages en son honneur pleuvent de partout.

Selon un communiqué publié par Fodé Baldé, porte-parole de l’UFR, les dispositions relatives aux obsèques du Sid de l’UFR seront communiquées ultérieurement, « en concertation avec la famille du défunt et les autorités du pays. »

Peu après la disparition de Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, compagnon de lutte politique en Guinée ces dernières années, lui a rendu un vibrant hommage que nous vous livrons in extenso.

« Je perds un ami, un compagnon de route et de lutte »

C’est avec une vive émotion et une immense tristesse que j’ai appris la disparition, ce vendredi 25 septembre 2026, à Paris, de Sidya Touré, ancien Premier ministre de la République de Guinée et président de l’Union des Forces Républicaines (UFR).

La Guinée perd un de ses valeureux fils, contraint à l’exil et exproprié. Sidya Touré fut un homme d’État au parcours exceptionnel, un technocrate compétent et rigoureux dont le passage à la Primature avait permis à la Guinée de renouer avec les institutions de Bretton Woods, d’approfondir les réformes engagées, de s’attaquer à l’épineux problème de l’électricité et, bien sûr, de relancer la croissance.

J’ai eu l’honneur d’appartenir au gouvernement que le Général Lansana Conté l’avait chargé de diriger après les douloureux événements des 2 et 3 février 1996. En tant que Ministre, j’ai eu le privilège de travailler à ses côtés et de l’accompagner dans plusieurs de ses missions à l’étranger, notamment à Washington pour renouer avec le FMI et la Banque mondiale, à Bruxelles pour relancer la coopération avec le FED, et à Paris pour encourager les entreprises françaises à investir en Guinée.

En politique, on s’est toujours retrouvés du même côté, idéologiquement proches et militant pour les mêmes valeurs. Nos deux formations politiques appartiennent à l’Internationale Libérale, et nous nous employions ensemble à défendre ces valeurs libérales et à les promouvoir en Guinée. Alliés au second tour de la présidentielle de 2010, nous avons ensemble porté sur les fonts baptismaux le Collectif des partis politiques, qui deviendra par la suite l’Opposition Républicaine, avec pour objectif affiché de revendiquer et d’obtenir l’organisation à bonne date des élections législatives et communales.

Décidément, Sidya Touré et moi avons des destins croisés, souvent amenés à porter la même croix et parfois aussi à subir ensemble des brimades. Ainsi, avons-nous été, tous les deux, harcelés et spoliés, radiés du fichier électoral et vu nos partis politiques dissous. Dieu a voulu ainsi que le destin nous réunisse encore, tous les deux, en exil à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Je perds, avec la disparition de Sidya Touré, un ami, un compagnon de route et de lutte, avec lequel je partageais des convictions fortes, un attachement viscéral pour la Guinée.

Notre rêve commun demeure de transformer notre pays, avec toutes ses potentialités, en une économie prospère, régie par les règles et les principes de la démocratie, de l’État de droit et fondée sur une gouvernance vertueuse.

En cette douloureuse circonstance, j’adresse à sa famille, à ses proches, aux militants et sympathisants de l’UFR, ainsi qu’aux peuples guinéen et ivoirien, mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.

Que son âme repose en paix. Amine ! »