Décédé le 25 septembre à Paris, Sidya Touré, ancien Premier ministre et ancien président de l’Union des forces républicaines dissous, ne sera pas inhumé en Guinée. Sa famille décide qu’il soit enterré en Côte d’Ivoire où il vivait en exil.

Sidya Touré est mort en France des suites de maladie. Dans un communiqué du 26 septembre, la Primature a présenté ses « condoléances les plus attristées à sa famille, à ses proches et à ses compagnons. » Elle a salué la mémoire de l’«homme d’État et figure de la vie politique guinéenne », qui a dirigé le gouvernement de 1996 à 1999. Le Palais de la Colombe n’a cependant rien dit du programme des obsèques du défunt Premier ministre. C’est la famille du défunt a annoncé que le défunt ne sera pas inhumé en Guinée mais en Côte d’Ivoire.

Le 28 septembre, une source ayant requis l’anonymat explique les raisons de vouloir enterrer l’ancien Premier ministre en Côte d’Ivoire : « Toute sa famille est en Côte d’Ivoire. Il avait des relations personnelles avec les autorités ivoiriennes et des relations particulières avec son frère Alassane Ouattara, le Président ivoirien, avec qui il a passé 51 ans d’amitié ».

Pluie d’hommages

Après le décès de Sidya Touré à 81 ans, les messages de condoléances se multiplient. Le 26 septembre, l’ancien Président de la République Alpha Condé, en exil, dit avoir appris la disparition de Sidya Touré « avec une profonde tristesse et une grande émotion ». Rappelons que son parcours politique avec celui du défunt « se sont parfois trouvés sur des chemins différents, et nos convictions nous ont, au fil des années, conduits à des divergences profondes. Mais les désaccords politiques, aussi importants soient-ils, ne sauraient effacer le respect dû à un homme qui a consacré son existence au service de la République. »

Au-delà de leurs différences, Alpha Condé affirme avoir toujours reconnu en Sidya Touré un homme d’État, un serviteur de la République, un homme de conviction, de rigueur et d’engagement, animé par la volonté de contribuer à l’édification et au développement de la Guinée. «Lorsque l’intérêt supérieur de la nation l’a commandé, nous avons su dépasser nos divergences et nous retrouver autour de l’essentiel : la Guinée et son avenir. C’est dans cet esprit qu’il avait accepté de servir à mes côtés en qualité de Haut représentant du chef de l’État, fonction qu’il a exercée avec loyauté, dignité et sens de responsabilité. Aujourd’hui, au moment où la mort nous rappelle la fragilité de nos existences et le caractère éphémère de nos querelles, il demeure profondément regrettable qu’un homme qui a tant donné à son pays ait connu, à la fin de sa vie, l’épreuve de l’exil et ait été éloigné de la terre à laquelle il avait consacré tant d’années.»

Dans son message de condoléance, Dansa Kourouma, le président de l’Assemblée nationale, déplore : «La Guinée perd l’un de ses anciens serviteurs, une figure qui aura marqué plusieurs décennies de notre vie publique en tant que président de l’Union des forces républicaines, député et ancien Premier ministre».

Rappelons que Sidya Touré était en exil en Côte d’Ivoire après la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Sa résidence lui avait été retirée par l’État en 2022 pour en faire le siège du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA).

Jusqu’au moment où nous mettions en ligne, ni la date du rapatriement de son corps ni celle de son enterrement n’ont été communiquées.

Souleymane Bah