L’administration Trump a conclu des accords apparemment secrets avec plusieurs États du monde dont 13 africains (la liste reste à chercher). Ces accords portent sur l’expulsion de 25 000 migrants taxés d’illégaux vers les États signataires qui reçoivent en contrepartie des financements spécifiques pour leurs problèmes urgents de développement. Deux arguments peu convaincants sont avancés pour soutenir ces expulsions : l’un est que les pays signataires refusent de récupérer leurs citoyens incriminés, l’autre est que ces derniers ne souhaitent pas retourner dans leurs pays d’origine, craignant pour leur sécurité. Il va de soi que cette affaire louche défraie la chronique depuis plusieurs semaines. 

L’argent sale circule depuis toujours dans tous les pays du monde, ce qui est de notoriété connue. Voyons-en les manifestations dans nos pays pauvres : un homme d’affaires sulfureux ou un commis d’État indélicat décide de construire un lieu de culte ou un centre de santé, pour une population démunie, personne ne demandera à ces donateurs la source de leurs financements, on se contentera de les recevoir à bras ouverts et les couvrir de bénédictions.

Il en est de même de nos économies généralement en lambeaux, l’argent est toujours le bienvenu dès lors qu’il vient renflouer les caisses de l’État. Du moment que ce genre de transaction est classé top secret, qui peut empêcher ceux et celles chargés de le gérer, de s’en servir comme bon leur semble ? Ce n’est pas étonnant que l’argent sale soit de plus en plus convoité par les réseaux maffieux du monde, réseaux difficiles à dénicher et à punir. Il a fallu la perspicacité de 72 journalistes de l’Occident, pour enquêter et révéler ces tractations de l’administration Trump.

« L’argent n’a pas d’odeur », aimait à dire le dictateur romain Néron, réputé pour ses rapines des biens publics ou privés de son Empire. Les adeptes de Néron sont légion aujourd’hui et les organes chargés de les traquer manquent malheureusement de vigueur aussi bien dans les États que dans les institutions internationales. L’argent sale, ou comme disent les croyants, l’argent de Satan, a encore de beaux jours devant lui.

Walaoulou Bilivogui