Après l’ouverture des classes lundi 5 octobre, un constat a été effectué ce mardi 6 octobre dans quelques établissements scolaires de la préfecture de Coyah. Histoire de vérifier la présence effective des élèves dans les salles de classe. Le constat est peu reluisant.

À l’école primaire de Somayah-Plateau, les enseignants et les encadrants ont pointé présents. Mais plusieurs salles de classe étaient vides. Dans d’autres, les élèves se comptaient au bout des doigts. Mais certains d’entre eux étaient dans la cour à 9h 30, alors qu’ils n’étaient pas en récréation.

À l’école Doumbouya-Centre, le constat est tout autre. Seuls quelques élèves ont répondu à l’appel, notamment ceux de la 6èmeA et du CP1. Pour remplir une salle de classe, le directeur a dû regrouper les élèves de trois niveaux. Mais même avec le regroupement, les salles de classe étaient vides.

Après l’école primaire de Doumbouya-Centre, cap sur celle du Centre, l’une des plus grandes de la préfecture. Amer constat. Des salles de classe n’étaient même pas nettoyées pour recevoir les élèves. D’autres n’avaient même pas ouvert leurs portes. Dans l’une d’elles, trois niveaux ont été réunis : la 2è, 3è et 5e année.

Mais des élèves manquaient de fournitures scolaires. Les encadrants et les enseignants ont cependant répondu présents. Autre constat : dans les écoles sillonnées, près de 90% des enseignants sont des femmes.

Robert Malano, directeur adjoint de l’école primaire de Coyah-centre, a aussi dressé son constat. « Nous sommes un peu mal à l’aise. Comme nous le constatons ensemble, vous voyez que dans les salles de classe, les élèves ne sont pas nombreux, contrairement aux enseignants et enseignantes qui sont tous là, et c’est déjà un grand pas. On a donné les conseils aux présents, pour aller dire à leurs camarades absents, de venir à l’école. »

L’amer constat du préfet

Le préfet de Coyah, Bernard Kamano, parle d’un constat « un peu amer. Parce que nous avons trouvé que tous les enseignants sont en place, mais les élèves ne sont pas venus en grand nombre. Nous étions obligés de réunir des élèves par promotion. Dans certaines écoles, on a mis ensemble cinq ou six classes, pour que les enseignants puissent donner les cours… » Le préfet a lancé un appel aux parents d’élèves, afin qu’ils encouragent leurs enfants à reprendre les cours dès les premiers jours de la rentrée. « Si vous voulez que vos enfants réussissent, c’est maintenant, dès le premier jour, qu’il faut les envoyer à l’école. Pour qu’ils puissent suivre le programme du début à la fin. Car, s’ils ratent certaines leçons, ils seront obligés de les recopier auprès de leurs camarades, mais sans rien comprendre », a indiqué Bernard Kamano.

Ténin Mady Kaba, chef de section pédagogique du Bureau préfectoral de l’Éducation de Coyah, a salué le fait que cette année ce soit une femme qui dirige le ministère de l’Éducation. « Je crois que l’espoir est permis. Il y a de grandes innovations déjà depuis son arrivée. Les directives de cette année sont totalement différentes des autres. Chacun est orienté à ce qu’il doit faire. Et tous les points sont signalés, du préscolaire jusqu’au secondaire, en passant par l’enseignement technique et professionnel. »

Le tour dans ces différents établissements scolaires de Coyah révèle la présence effective des enseignants mais une faible mobilisation des élèves.

Mariama Dalanda Bah,

Envoyée spéciale