Le 5 octobre, le Lycée Djibril Tamsir Niane de Kipé, le Collège Kipé 2 et l’École primaire Kipé 2, dans la commune de Ratoma, ont repris les cours. Mais il n’y avait pas d’affluence dans ces établissements. Un responsable a même lancé un appel aux parents d’élèves.

Annoncée il y a quelques jours par le ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation, la rentrée scolaire 2026-2027 a été bien effective ce lundi 5 octobre en Guinée. Toutefois, l’affluence se fait désirer dans maints établissements scolaires de la commune de Ratoma. Le faible engouement est caractérisé par l’absence remarquable des élèves.

Au Lycée Djibril Tamsir Niane de Kipé, professeurs et encadreurs sont présents. L’un des responsables du lycée, établissant un bureau de circonstance dans la cour de l’école pour accueillir les parents d’élèves, explique que sur les 16 professeurs programmés, 15 ont répondu présents : « Concernant les élèves, il y avait 1 400 attendus, mais seulement 40 ont répondu », déclare-t-il. Le constat est amer dans les salles de classes : il y avait plus de professeurs que d’élèves dans certaines ou vice-versa. La plupart des 16 classes visitées étaient quasi vides et des élèves et des enseignants.

Au Collège Kipé 2, à côté du lycée, le constat est presque le même. Des salles de classe ni professeurs ni apprenants. Dans certaines, les cours ont démarré, même si les effectifs sont loin d’être atteints. Sollicité pour une interview, le principal nous a renvoyé pour demain. « Vos confrères sont passés, je ne suis plus disponible aujourd’hui », a-t-il affirmé vers 9H.

Mountaga Souaré, directeur de l’Ecole primaire Kipé 2

À l’École primaire Kipé 2, se situant sur le même alignement, la rentrée scolaire est effective, mais l’ambiance est morose. Selon Mountaga Souaré, directeur de l’École primaire Kipé 2, son constat est « satisfaisant. Il y avait 22 enseignants programmés, 17 sont présents. Pour les élèves, 1 400 étaient attendus, malheureusement nous n’avons que 180 présents et c’est là où je m’alarme un peu », déplore-t-il.  

Comme c’est le premier jour, le responsable du collège espère que d’ici la fin de la semaine que « tous les élèves auront répondu présents. » Mountaga Souré dit n’avoir aucune idée de la cause de cette morosité : « Ceux qui voulaient envoyer leurs enfants aujourd’hui étaient déjà préparés. Mais en Guinée, les gens se sont habitués à reprendre l’école à pas lents ». Arguant qu’au sein de son école, il n’y a pas de recul. « Le train a bougé, les cours ont déjà démarré. Tous les élèves qui n’ont pas participé à ces cours, c’est peine perdue, nous ne reviendrons plus en arrière », a-t-il promis. À savoir si sa déclaration encouragera les retardataires à reprendre les cours.

Souleymane Bah