Le 5 octobre, les élèves du préuniversitaire ont repris le chemin de l’école à travers la Guinée. À Matoto, les salles de classe de plusieurs établissements scolaires sont restées fermées faute d’élèves. Les enseignants, eux, ont répondu massivement présents.
À la veille de la réouverture des classes, le 4 octobre, la ministre de l’Éducation nationale, Bintou Keïta, a exhorté les uns et les autres à faire de l’année scolaire 2026-2027 une année de travail, de discipline, de civisme, de respect, de persévérance et d’excellence. Mais le 5 octobre, bien que la rentrée soit effective, les élèves, en majorité, sont restés chez eux.
Par exemple, au collège public Yaguine et Fodé de Yimbaya, commune de Matoto, une vingtaine de salles sur les 24 que compte l’établissement était vide. Mêmes si une de chaque niveau (7ᵉ, 8ᵉ, 9ᵉ et 10ᵉ année), avec des dizaines d’élèves, ont suivi leurs premiers cours de l’année. M’MahCissé, de la 10ᵉ année, en classe : « Je suis très contente de retrouver mes amis ; mes professeurs me manquaient également. Je demande à mes amis de venir à l’école, elle est la clé du monde. Nous sommes en classe d’examen, il est important qu’on travaille dur pour réussir au brevet. »

Issa Dramé, professeur d’histoire, explique le programme annuel aux élèves de la 7ᵉ année. « Chacun a un devoir à accomplir, il faut que chacun analyse et évalue les enjeux de son devoir. Je ne connais pas les motifs des collègues qui ne sont pas venus ce matin à l’école, mais je les invite à une prise de conscience, parce que les élèves sont les leurs. Cette rentrée scolaire s’annonce pleine de joie, malgré l’absence de la quasi-totalité des collégiens. »
Kabassan Condé, le principal du collège Yaguine et Fodé de Yimbaya, déclare que 1 065 élèves dont 476 filles étaient programmés, mais seuls 207 dont 64 filles ont pointé à 7h 45 autour du mât pour la montée des couleurs. Dès 8h 30, d’autres collégiens sont arrivés, ajoute-t-il. Sur 20 professeurs attendus pour les 20 groupes pédagogiques du jour, 17 ont répondu présents, « les autres n’ont pas pu venir du fait de cas sociaux. Mais tous les huit encadreurs qui étaient attendus sont venus », a-t-il précisé. Et d’inviter les parents d’élèves à mettre en avant l’éducation des enfants pour le développement de la Guinée.
Libérez les élèves !
« Il faut accepter de libérer les enfants pour l’éducation et l’instruction, car c’est l’arme la plus fatale pour développer une nation. Le Programme Simandou 2040 a fait de l’éducation l’une de ses priorités, il faudrait que les enfants de Guinée en profitent », exhorte Kabassan Condé.
Au lycée public Léopold Sédar Senghor de Yimbaya, sur les 24 salles, trois sont remplies d’élèves. À 8h, les encadreurs renvoyaient les élèves en civil venus s’enquérir de l’effectivité de la rentrée. Là, dans la cour, aucun engouement. L’un des responsables confie que sur 1 034 lycéens attendus, 400 étaient présents ; tous les 16 professeurs programmés sont également présents. Sékou Kaba, le directeur communal de l’éducation de Matoto, affirme que toutes les dispositions sont prises pour « une rentrée réussie » et que « tout est bien parti pour une année scolaire dépourvue de toute anomalie. »

Après avoir sillonné plusieurs écoles de Matoto, M. Kaba se félicite d’un constat satisfaisant : tous les professeurs et enseignants programmés sont présents. Cela pourrait s’expliquer du fait de l’appel, à la veille, de l’intersyndicale de l’éducation (SLECG, SNE et FSPE) aux enseignants de reprendre leurs activités didactiques, pédagogiques et académiques, le temps de poursuivre les négociations avec le gouvernement sur l’application du protocole d’accord de janvier 2026. Pour l’heure, toute menace de grève dans le secteur est écartée.
« Les professeurs sont prêts »
« Les élèves sont venus dès 8h, les professeurs ont commencé à donner les cours. C’est déjà satisfaisant. Si au premier jour de la rentrée des classes, l’élève reçoit les premiers cours, c’est une chose à saluer. Rassurez-vous, tous les élèves qui sont venus aujourd’hui seront enseignés jusqu’à 14 heures : fin des horaires. D’autres élèves viendront demain [6 octobre], cela continuera jusqu’à ce que tous les élèves soient présents dans nos concessions scolaires. Les enseignants sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes. J’interpelle les parents d’élèves au suivi régulier des enfants », exhorte Sékou Kaba.
En tout cas, la ministre de l’Éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Bintou Keïta, déclarait à la veille de la réouverture des classes que « l’école est avant tout le lieu où doit se construire l’avenir. Chaque leçon apprise, chaque compétence acquise, chaque effort consenti constitue une pierre supplémentaire dans la construction de votre avenir personnel et de celui de la Guinée. »
La rentrée des classes dans les établissements d’enseignement technique et dans les centres de formation professionnelle est également fixée au 5 octobre, excepté pour les apprenants de la première année qui attendront le 2 novembre prochain.
Yaya Doumbouya

