La semaine dernière, la Guinée a vécu un drame au quartier Kakoulimaya dans la commune de Manéah, préfecture de Coyah. Le 20 août au soir, un glissement de terrain dû aux fortes pluies a couté la vie à 19 compatriotes, blessé 11 autres (dont 5 graves) et fait plusieurs disparus.

Ce drame a provoqué l’émoi, l’indignation et la consternation dans le pays. Il relance la problématique de l’urbanisation anarchique en Guinée. Certes, le Premier ministre Amadou Oury Bah et des membres du Gouvernement se sont déplacés sur les lieux pour compatir à la douleur des familles éplorées, mais pas un seul jour de deuil national n’a été observé. Sous d’autres cieux, une telle catastrophe aurait mis en berne le drapeau national des jours durant et appelé à une solidarité nationale. L’occasion d’une trêve, même courte, des divergences politiques ou sociales.

L’autre fait marquant, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, est resté silencieux suite au drame de Manéah. Jusqu’au 26 août, aucun mot sur le sujet n’était visible sur la page Facebook de la Présidence de la République. Celle-ci se faisait plutôt écho de l’audience présidentielle accordée à Simon TROTT, le nouveau CEO de Rio Tinto, reçu par le général Doumbouya le 21 août, lendemain du drame. Face à ce silence au sommet de l’État, les réactions d’indignations se sont multipliées sur les réseaux sociaux.

L’arrêt des recherches

Au terme de cinq jours de fouilles dans les décombres, les travaux ont été stoppés le 25 août, selon plusieurs sources. Lancei Touré, directeur de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (Anguch), a déclaré dans la presse qu’un centre d’opération a été mis en place pour recueillir des informations sur les disparus.  Pour l’heure, impossible de quantifier avec exactitude les personnes prisonnières des décombres. « Les premières déclarations faites sur les réseaux sociaux relatives à des pertes en vies humaines ne sont pas vraies. La réalité est tout autre.  Les gens confondent avoir six personnes dans sa famille et perdre six personnes dans le drame. C’est complètement différent », avertit Lancei Touré. D’où l’importance de communiquer officiellement le nombre de disparus pour contrer les spéculations.

Trois corps en état de putréfaction, sur les 19 dépouilles (conservées jusque-là à la morgue de l’Hôpital préfectoral de Coyah) ont été inhumés le mardi 26 août, selon un parent de victimes.  

Mamadou Adama Diallo