Du 5 au 14 août 2025, les délégués de 184 pays se sont réunis à Genève sous l’égide de l’ONU, pour s’accorder sur un traité visant à lutter contre la pollution plastique mondiale. Au terme d’âpres négociations, le rendez-vous n’a finalement rien donné. L’enjeu était pourtant de taille. Le plastique déversé en quantité partout menace la biodiversité terrestre et marine, ainsi que la santé humaine. Chaque année, environ 10 millions de tonnes de déchets plastiques sont jetés dans les océans – soit l’équivalent d’un camion-poubelle déversé chaque minute. Alors que le sommet avait été prolongé faute d’accord, un nouveau texte de compromis avait été proposé pour tenter d’aboutir à la signature d’un traité international.

Cet échec du sommet de Genève résulte en grande partie de l’impossibilité de concilier les intérêts du groupe de pays producteurs de pétrole, avec pour chef de file l’Arabie Saoudite, et la coalition d’une centaine d’autres pays à « haute ambition » (regroupant Union européenne, Canada, Australie, Royaume-Uni ainsi que de nombreux Etats d’Afrique, d’Amérique latine et nations insulaires).

Les États formant le « clan », conduits par l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe, tous très dépendants du pétrole, étaient en minorité à Genève. Mais ils ont fait preuve d’une organisation redoutable pour entraver les tractations – à l’image de leurs stratégies d’obstruction lors des sommets sur le climat – soutenus par les Etats-Unis et dans une moindre mesure la Chine (restée discrète comme à son habitude), tous deux gros producteurs de plastique.

L’échec de Genève est un signal d’alarme pour tous les pays. Il illustre le poids écrasant des intérêts industriels face à la survie des écosystèmes. Il montre aussi que, malgré l’urgence, le monde peine encore à parler d’une seule voix.

Au regard de cette situation qui interpelle chaque Etat, il serait judicieux de connaître à date ce que nos autorités envisagent, pour faire face à ce silencieux péril aux effets dévastateurs. A vrai dire, en dépit de l’interdiction de la production et de la commercialisation des emballages plastiques à usage unique consacrée par un décret en date du 23 septembre 2024, pratiquement aucune mesure n’a été prise pour la mise en application de cette décision. Il est loisible de constater que la période moratoire de six mois accordée aux entreprises, pour écouler leurs stocks d’emballages déjà commandés ou en leur possession, est échue, sans un contrôle approprié des services compétents.

Le ministère de l’Environnement et du Développement Durable, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ceux de l’Industrie, du Commerce et de la Santé sont de ce fait en première ligne, pour la mise en oeuvre de la stratégie visant à traduire concrètement l’esprit du décret du 23 septembre 2024 relatif à la pollution plastique. Au regard des risques majeures liés à cette pollution plastique, il est grand temps de prendre à bras le corps la problématique. On ne cessera jamais de le souligner : gérer, c’est anticiper. Vu les effets très novices que cause la pollution plastique, chaque jour qui passe réduit indubitablement les marges de manœuvre de nos autorités.

Thierno Saïdou Diakité