Le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation (MEPU-A) a fixé l’ouverture des classes pour l’année scolaire 2025-2026 au 15 septembre. Ce calendrier a suscité un véritable tollé, notamment chez les gens-saignants et syndicaleux du SLECG.
La décision d’avancer l’ouverture des classes à la mi-septembre (au lieu d’octobre), selon le ministre Jean-Paul C Cédille, vise à faire bénéficier aux élèves neuf mois effectifs de cours. Mais le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée est vent debout contre la mesure qui, à ses yeux, empiète sur les droits de ses syndiqués : « C’est la saison des pluies. Et il se trouve que le mois n’est pas fini, les parents d’élèves sont en manque d’argent pour les frais de scolarité », argumente Mohamed Roméo Bangoura, chargé de com du SLECG.
Le syndicaleux y voit une décision unilatérale du MEPU-A. « Il fallait une concertation avec l’association des parents d’élèves, le syndicat et l’association des fondateurs d’écoles privées. Si vous ouvrez l’école le 15 septembre, comment les parents, dont les portes monnaies sont vides, vont-ils avoir de l’argent dans nos banques ? Ouvrir l’école en septembre les obligerait à payer l’entièreté de la scolarité du mois dans les écoles privées. »
Le 27 août, le SLECG a convoqué une assemblée générale extraordinaire à son siège à Donka (commune de Dixinn) pour échanger sur la question. Il en a profité pour ressortir ses revendications. « Révision et validation du statut particulier de l’enseignement pré-universitaire et celui de la formation professionnelle et technique ; reconnaissance des enseignants contractuels pour la zone de Conakry ; recrutement de ces enseignants non-retenus pour l’intérieur du pays. Il y a aussi le déblocage des salaires des enseignants considérés comme déserteurs depuis plus de deux ans et l’uniformisation de toutes les primes d’incitation pour tous les enseignants en situation de classe », a égrené Mohamed Bangoura, avant de préciser que le mémorandum sera déposé le 29 août à la Primature, au ministère du Travail, de la fonction publique et au ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation.
Le SNE rame à contre-courant
Le SLECG invite le goubernement à prendre en compte leurs revendications. Il compte mettre la pression sur les autorités afin que ses points de revendications soient satisfaits. A défaut, il menace de boycotter la rentrée des classes.
A l’inverse, le Syndicat national de l’éducation (SNE) ne fait pas de cette date du 15 septembre un problème. Il estime que cela ressort de la compétence exclusive du département chargé de l’enseignement pré-université. Pour Michel Pépé Balamou, secrétaire gérant du SNE, le plus urgent est de satisfaire les revendications des gens-saignants. « C’est d’abord le statut particulier de l’éducation. Cela fait déjà un an et demi que nous travaillions sur le cas et nous mettons la pression pour que nous asseyions autour de la table. Il y a aussi le déblocage des salaires des enseignants du privé. Sans oublier l’engagement des enseignants contractuels qui continuent d’enseigner, mais qui, jusqu’à date, ne sont pas encore pris en charge par l’État, ni engagés. Il ne nous revient pas de fixer ou d’imposer une date au gouvernement. Mais il nous revient d’imposer au gouvernement la résolution des problèmes auxquels les enseignants sont confrontés avant d’ouvrir l’école ».
Le syndicaleux demande juste à l’État de disponibiliser le budget de la rentrée scolaire pour acheminer les matériels didactiques et pédagogiques, permettre aux responsables et aux gens-saignants de préparer leurs documents pédagogiques, aménager les salles de classe et permettre aux responsables scolaires de superviser l’opérationnalisation de la rentrée scolaire et s’assurer de son effectivité. Voilà le vrai boulot.
Kadiatou Diallo