A la faveur du nouvel an, Cellou Dalein Diallo s’est adressé aux Guinéens le 31 décembre. Le prési de l’nion des forces démocratiques de Guinée, silencieux ces derniers temps, a décoché des flèches contre la junte du CNRD, dans des dossiers comme la présidentielle du dimanche dernier, le projet Simandou ou encore la suspension de son parti.
Au lendemain d’une sélection présidentielle sans suspens, caractérisée par une faible mobilisation, le populo attendait avec impatience l’adresse à la nation de Mamadi Doum-bouillant, déclaré vainqueur avec plus de 86%. Mais le candidat élu fait durer le suspens. C’est finalement celle de la Petite Cellule Dalein Diallo, prési de l’UFDG, qui aura tenu les Guinéens en haleine. La prise de parole de l’opposant, en exil depuis 2022, écarté de la course à la présidentielle par des subterfuges juridico-politiques, était plus qu’attendue. Le politicard n’est pas allé de main morte. La Petite Cellule Dalein salue la faible mobilisation et qualifie le scrutin d’intronisation : « Tous les observateurs objectifs savent que l’écrasante majorité des Guinéens a refusé de s’associer à ce second coup d’état du Chef de la junte. Je tiens à les remercier et à les féliciter pour cette attitude digne et responsable, car ce scrutin n’a été ni démocratique ni conforme au serment de Mamadi Doumbouya de ne pas être juge et partie. Ce n’est pas un Président de la République qu’on a cherché à élire, c’est un roi qu’on a demandé d’introniser. »
« Le moment est grave »
Les soutiens et autres courtisans du pouvoir, même s’ils la jouent modeste, ne cachent quand-même pas leur satisfaction d’avoir réussi à porter Mamadi Doum-bouillant au trône à l’issue d’une élection à laquelle il ne devait pas prendre part. Pour la Petite Cellule Dalein, la situation actuelle plonge le bled dans le précipice : « Nous y sommes de plain-pied, enfoncés par la violence et la tyrannie du CNRD et de son gouvernement. Au fond de la fosse, nous y avons été traînés par quatre années de mensonges, de trahisons, de rapts, de crimes, d’enlèvements et de meurtres.» Le prési de l’UFDG n’hésite même pas à parler de validation d’une dictature : « Le moment est grave, parce qu’on nous annonce la fin d’une transition et le retour à l’ordre constitutionnel alors qu’on a assisté à une prolongation du régime d’exception. Le moment est grave, parce que l’annonce d’une nouvelle ère est en réalité une plongée dans les ténèbres, avec la fin du pluralisme politique et l’installation d’une tyrannie civilo-militaire. »
Simandou, un mirage
Les autorités de la transition, pour vendre le candidat Mamadi Doum-bouillant, ont surfé sur le mégaprojet Simandou. Le pouvoir en place promet de transformer profondément le bled avec le fric généré par l’exploitation de la gigantesque mine. Un miroir aux alouettes, selon la Petite Cellule Dalein Diallo : « Les autorités refusent de publier les conventions avec nos partenaires dans le projet. Que nous cachent-elles ? La transparence et la loyauté envers le peuple commandent de rendre publiques toutes les conventions conformément au code minier et à nos engagements par rapport à l’ITIE… On ignore tout du régime fiscal applicable à ces sociétés et les raisons pour lesquelles la construction d’un port en eaux profondes à Moribayah a été abandonnée. Le peuple a le droit de savoir où vont ses ressources et comment l’argent public est utilisé. » L’opposant appelle le populo à résister : « Si nous ne nous levons pas, bientôt, toutes les richesses nationales seront bradées et hypothéquées à cause d’une gestion patrimoniale de l’État et de la course effrénée à l’enrichissement personnel des dirigeants. » Le boss de l’UFDG en appelle également à la jeunesse qui, selon lui, doit jouer un rôle prépondérant dans l’instauration d’un véritable État de droit en Guinée : « Arrêtez de subir les abus d’un pouvoir que vous n’avez pas choisi ! Mamadi Doumbouya doit partir ! Celui qui a violé la charte de la Transition et sa parole d’officier ne respectera pas la Constitution et vos droits et libertés que celle-ci protège ! »
« On ne dissout pas un idéal »
L’Union des forces démocratiques de Guinée, parti que la Petite Cellule Dalein Diallo dirige depuis 2007, entendait rebondir en ce début d’année 2026. L’UFDG, suspendu depuis des mois par le mystère de l’Administration du trottoir et de la décentralisation, comptait notamment organiser son congrès afin de se sortir des griffes du MATD. Le parti a même annoncé la reprise de ses activités politiques, avant que le mystère ne réitère la suspension. Pour la Petite Cellule Dalein Diallo, l’UFDG ne mourra pas : « Rien n’arrêtera le train de la liberté de l’UFDG. Face à l’intimidation et à la corruption, les plus fragiles, les cyniques et les opportunistes descendront du train. Mais ils seront immédiatement remplacés par d’autres encore plus nombreux et plus déterminés. » Le CNRD entendra certainement.
Yacine Diallo



