Le 24 janvier, le Président Doum-bouillant a reconduit dans les fonctions de Premier ministre, chef du goubernement, Amadeus Oury Bah, démissionnaire en compagnie de l’ensemble de son gouvernement quelques jours plus tôt. Cerise sur le gâteau, l’impétrant a été installé dans ses charges par Joseph Togna Doré, au Palais de la Colombe lors d’une cérémonie solennelle de prestation de serment. Voilà Amadeus dans le starting-block ! Sur le gril ? Certainement non. Il connaît les lieux, depuis presque deux ans il serpente les allées du Palais Mohammed V et du Palais de la Colombe et chuchote à l’oreille de Doum-bouillant. Il y a plus d’un atome crochu entre les deux hommes. L’un a demandé à l’autre de conduire sa campagne pour la dernière élection présidentielle avant de le solliciter, après sa victoire, de transformer son mouvement de soutien GMD (Génération pour la modernité et le développement) en un parti solide, structuré, efficace et efficient.
Ces initiatives ne sont-elles pas des indicateurs patents de confiance que se vouent les deux hommes ? Dans cette situation de retour à l’ordre constitutionnel et de mise en œuvre de projets tels que le Programme Simandou 2040, la confirmation d’Amadeus, loin d’être anodine, est significative, pertinente. Elle vaut son pesant d’or. Alliant talent politique et loyauté, il est à même d’apporter à Doum-bouillant un soutien indéniable et nécessaire.
Parmi les nombreuses et lourdes charges dévolues au Premier ministre, on note l’inspiration et la coordination de l’action gouvernementale. Ce qui s’explique aisément, la nécessité d’assurer la cohérence entre les activités, mais aussi entre les résultats des différents ministères qui mettent en œuvre ou veillent à la mise en œuvre des différents segments du méga Projet Simandou.
Pareil travail requiert de ceux qui l’exercent du savoir-faire, surtout d’un sens élevé de responsabilité et d’une parfaite internalisation du paradigme et de la pratique de la gouvernance vertueuse. Amadeus Oury Bah a longtemps travaillé dans le secteur bancaire où triomphent ces valeurs, il s’accommodera des contraintes de la bonne gouvernance.
Concomitamment à ses activités socioéconomiques (éducation, santé, économie, agriculture, infrastructures), se développent des initiatives concernant la refondation durable de l’État. On se souvient qu’au début de la Transition, des dynamiques avaient été lancées pour assainir le cadre d’élaboration et de mise en œuvre de la refondation. Il s’agissait, d’une part, du dialogue inter-Guinéens impliquant politiciens et politicards et, d’autre part, des Assises nationales destinées à promouvoir un dialogue franc, sincère et convivial entre les Guinéens, débouchant sur le pardon.
Les produits qui ont jalonné les débats ont été soumis à la perspicacité du goubernement, pour en faire bon usage. À l’époque, Amadeus Oury Bah n’est pas encore PM. Loin s’en faut. Toutefois, il charbonne et fait feu de tout bois. Il a ainsi une parfaite connaissance des recommandations formulées dans les différents rapports. Quid de leur mise en œuvre ? Peu a été fait. Le Prési Doum-bouillant peut compter sur sa proactivité et entregent dans un milieu qui est loin de lui être étranger, même s’il peut, çà et là, se heurter à quelques velléités d’hostilité. Qu’importe ! Sur votre passage, vous ne pouvez soulever que des ovations.
Il y a aussi ceux des orfraies que l’homme politique doit écouter, avec stoïcisme et élégance. Il pourra toujours en tirer quelque chose pour meubler son vécu d’être humain.
Abraham Kayoko Doré


