Du 2 au 4 février, le Président Mamadi Doumbouya a nommé vingt-neuf ministres du premier gouvernement de la Vᵉ République dirigé par Amadou Oury Bah. Sans surprise, plusieurs membres de l’équipe sortante ont été reconduits ; des nouvelles têtes ont fait leur entrée.

Investi Président de la République le 17 janvier à Conakry, Mamadi Doumbouya a pris tout son temps pour choisir ses ministres, après avoir restructuré auparavant l’ossature du gouvernement passant de 34 à 29 ministères. Mamadi Doumbouya met en place une équipe alliant jeunesse, équilibre régional, récompenses et visée politique à l’orée des élections législatives, sénatoriales, communales et communautaires qui compléteront le retour à l’ordre constitutionnel.

Avec proposition du Premier ministre Amadou Oury Bah ou pas (reconduit à la Primature), le Président Mamadi Doumbouya a jeté son dévolu sur des nouvelles figures pour diriger quatre départements ministériels.

Au département de la Justice et des droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, magistrat et premier président de la Cour d’appel de Conakry qui s’est révélé aux Guinéens lors du procès du massacre du 28 septembre 2009, remplace Yaya Karaïba Kaba.

Ministre de la Sécurité et de la protection civile depuis le premier gouvernement de transition en 2021, Bachir Diallo cède son portefeuille au général Ahmed Mohamed Oury Diallo. Ce dernier était jusque-là Inspecteur général des forces armées guinéennes.

Au ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Khaïté Sall, qui était la Secrétaire générale dudit département, en devient la ministre. Elle remplace Oumar Diouhé Bah qui s’était illustré dans la lutte contre la vente des médicaments contrefaits. Ce fils de Télimélé, qui a mouillé le maillot lors de la campagne présidentielle pour une victoire du Président Doumbouya dans sa préfecture, finira-t-il par avoir un point de chute ? Il avait été nommé à ce poste en novembre 2023, dans le gouvernement Bernard Goumou, en remplacement de Mamadou Pèthè Diallo.

Exit Bogola Haba

Le Président Mamadi Doumbouya a choisi une figure jeune et apolitique pour conduire le ministère de la Femme, de la famille et de la solidarité : Patricia Adeline Lamah, juriste de formation, entrepreneure et surtout célèbre coiffeuse.

Kéamou Bogola Haba quitte le ministère des Sports sans que le stade Général Lansana Conté de Nongo (où s’est déroulée l’investiture du Président) et celui du 28-Septembre de Dixinn ne soient prêts à accueillir les matchs officiels du Syli national. Tous sont encore en rénovation depuis plus de deux ans. Ce ministère, couplé à celui de la Jeunesse est désormais conduit par Mamadou Cellou Baldé. L’ex-cadre de l’Union des forces démocratiques de Guinée a-t-il été récompensé pour avoir mouillé le maillot à Labé (fief de son ancien parti) lors de l’élection présidentielle du 28 décembre dernier ? L’ancien collaborateur de Cellou Dalein Diallo avait été nommé en fin juillet 2025 ministre de la Jeunesse. 

Ibrahima Kalil Condé, le patron des élections, reste indéboulonnable à la tête du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation. Tout comme son collègue du ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté. Ismaël Nabé maintenu au ministère du Plan et de la coopération internationale. Son collègue, Aboubacar Sidiki Camara, reste à la tête du ministère de la Défense nationale, tout comme Faya François Bourouno au ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique. Mory Condé quitte le ministre de l’Habit pour celui de l’Emploi, du Travail et de la protection sociale. Le ministère de l’Energie sera dirigé par Laye Sékou Camara, celui de l’Assainissement, de l’hydraulique et des hydrocarbures par Aboubacar Camara. Mohamed Lamine Sy Savané, jusque-là ministre Directeur de cabinet à la Primature, est désormais ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du Territoire.

Mariama Ciré Sylla qui gérait le département de l’Agriculture, conduira désormais celui de l’Économie, des finances et du budget. Plus qu’une reconduction, c’est une promotion pour celle qui est désormais la deuxième femme à diriger ce portefeuille régalien dans l’histoire de la Guinée, après Malado Kaba, sous le régime Alpha Condé.

Bouna Sylla est calé au ministère des Mines et de la Géologie. Idem pour Félix Lamah à la tête de l’Élevage et Fassou Théa à la Pêche et à l’économie maritime.

Djami, l’autre porte-parole

Diaka Sidibé revient à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Elle y remplace Alpha Bacar Barry qui débarque au ministère de l’Éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. La Culture, le tourisme et l’artisanat réunis en unique département demeure la chasse-gardée de Moussa Moïse Sylla. Facinet Sylla, qui gérait le Budget, pilote désormais le département des Infrastructures et des travaux publics, qu’occupait jusque-là Laye Sékou Camara. Précédemment ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, Aminata Kaba gérera désormais le ministère de l’Agriculture. Fatima Camara est ministre de l’Industrie et du Commerce. Dans l’équipe gouvernementale sortante, elle dirigeait le ministère du Commerce.

Ousmane Gaoual Diallo ne bouge pas de son poste au ministère des Transports, doublé de sa casquette de porte-parole du gouvernement. Son adjointe au porte-parolat est Djami Diallo, reconduite ministre de l’Environnement et du développement durable.

Les ministres remerciés

Fana Soumah cède son poste de ministre de la Communication, de l’économie numérique et de l’innovation à Mourana Soumah, ancien ministre de l’Économie et des finances. Fana est désormais Conseiller en communication à la Présidence de la Républque. Tout comme Rose Pola Pricemou et Mohamadou Abdoulaye Diallo qui deviennent respectivement conseillère chargée des nouvelles technologies et de l’Intelligence artificielle  et conseiller chargé de la culture, du tourisme et de l’artisanat.

Kéamou Bogola Haba, Charlotte Daffé, Yaya Kaïraba Kaba, Jean-Paul Cédy, Bachir Diallo, Oumar Diouhé Bah constituent le groupe de ceux qui ont vu les ministères qu’ils occupaient réattribués à d’autres et ne sont pas rappelés dans la nouvelle équipe d’Amadou Oury Bah. Leur trouverait-on des points de chute ? Attendons de voir.

Yaya Doumbouya