Samedi 28 février, le Mouvement démocratique libéral a tenu son assemblée générale hebdomadaire. Le parti a réagi à la menace du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de retirer l’agrément à tout parti politique qui ne se mettrait pas en règle d’ici au 25 mai prochain. Le MoDeL promet de tout mettre en œuvre, pour conquérir le pouvoir.
La rencontre a été présidée par Moïse Diawara, porte-parole du MoDeL. Jusque-là très limitées depuis le transfèrement de Toumba Diakité vers la prison civile de Coyah, les visites ont repris à la Maison centrale de Conakry. Le MoDeL se réjouit des nouvelles de son président, Aliou Bah, détenu depuis décembre 2024.
Côté politique, le parti précise ne pas avoir de problème avec le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et affirme ne pas organiser ses activités sous la pression d’une quelconque autorité. « Nous voulons juste nous préparer à prendre part à toutes les échéances électorales à venir, afin de continuer à exister en tant que parti politique », souligne Moïse Diawara.
Le congrès du MoDeL est prévu pour les 3 et 4 avril prochain. Bien que le président Mamadi Doumbouya ait fixé la date des élections législatives et communales au 24 mai prochain, le MoDeL dit ne pas être inquiet et assure se préparer en conséquence, même si sa participation reste en suspens. « Ils vont tout faire pour bloquer les gens. Si, par miracle, nous arrivons à franchir toutes ces barrières, nous ne savons pas à combien sera fixée la caution. Si les lois sont normales, le MoDeL n’a pas de problème. Nous avons passé toutes les évaluations du MATD. Mais dès que les lois deviennent liberticides, orientées pour nuire à un groupe ou à une catégorie de personnes, nous n’y pouvons rien. Ils peuvent même décider que si un leader est en prison, son parti ne participe pas. Ils veulent nous emmener vers le parti-État. À l’allure où vont les choses, cela ne présage rien de bon », déplore Mamadi Cissé, responsable du suivi-évaluation du parti.
Des obstacles
Ibrahima Diallo, de la cellule de communication du MoDeL, se veut plus explicite : « Si les conditions sont posées de manière à constituer un obstacle, comme il l’a dit, de mauvaise foi, nous ne pouvons pas suivre. Aujourd’hui, ils sont en train de fragmenter l’espace politique de deux manières. Nous voyons l’ambition de créer un parti-État dont les militants seraient l’administration. Regardez la constitution de la GMD. Il ne faudrait pas faciliter les conditions d’obtention des documents pour un parti et pas pour les autres. Un parti politique n’est pas une entreprise commerciale. On ne peut pas nous demander une quittance sociale, cela n’a pas de sens. Peut-on, dans ce cas, exiger d’un parti indépendant la preuve qu’il est implanté sur l’ensemble du territoire national ? Je pense qu’il faut de la bonne foi dans ce processus. On nous impose des manœuvres dilatoires et oppressives pour créer la peur au sein de l’opinion publique, surtout des partis politiques, afin de leur laisser un espace politique vide. Mais le silence du peuple que nous sommes devrait être évocateur. Ce n’est pas par peur que nous ne disons rien, nous observons », a-t-il déploré.
Le MoDeL souhaite un partage du pouvoir pour des raisons démocratiques. « Si vous refusez que les uns et les autres, pour des divergences d’opinion, participent aux débats politiques qui concernent la vie du pays, dans des instances prévues par la loi, vous ouvrez la porte à la dictature. Ce n’est pas ce que nous souhaitons. Nous voulons que l’État soit de bonne foi et que le pouvoir ne soit pas concentré uniquement à leur niveau », explique Moïse Diawara.
Quid du RGPH4 ?
Le 25 février, le gouvernement a dévoilé les résultats préliminaires du RGPH4, Recensement général de la population et de l’habitation. Le MoDeL n’a pas de commentaire officiel, mais pour Ibrahima Diallo, « on ne peut pas développer un pays sans disposer de données fiables et planifiées. Désormais, on nous dit que nous sommes plus de 17 millions d’habitants, dont une population féminine de 51 %. La majorité de la population est jeune et rurale, et l’on constate qu’il y a plus de mosquées que de centres de santé ou d’écoles. Tout cela n’est pas surprenant, mais cela permettrait à un État sérieux de renverser la tendance. Du point de vue de la présentation, le document est salutaire dans l’objectif visé. Mais quand on observe la répartition de la population par région, cela suscite des interrogations. Cela vient confirmer la cartographie électorale publiée en 2025, en prélude aux élections référendaire et présidentielle, ainsi que le fichier PN-RAVEC. Tout cela n’est pas fortuit. À chaque échéance électorale, on présente un document lié à la population, peut-être pour consolider les résultats du point de vue électoral », a-t-il dénoncé.
Abdoulaye Bah


