Le procès de Mariama Bah dit Yama Séga et de Mariam Kaba dit Maya la solution s’est tenu le 20 avril devant le tribunal correctionnel de Mafanco. L’artiste et la vlogueuse ont reconnu les infractions de « menaces, injures publiques, atteinte à la dignité des individus par le biais d’un système informatique » articulées contre elles. Elles se sont confondues en excuses, mais ont quand-même été condamnées.
C’est un conflit entre amies qui se termine finalement devant la justice. Yama Séga et Maya Kaba « la solution » ont été jugées ce lundi 20 avril au tribunal de première instance de Mafanco. Les deux fervents soutiens du pouvoir s’étaient violemment insultées sur les réseaux sociaux, la semaine dernière.
À la barre du tribunal correctionnel de Mafanco, Yama Sega est revenue sur la genèse du clash. La prévenue confirme que le courant ne passait plus entre son amie et elle : « Il y avait un conflit entre elle et moi ces derniers temps. Nous étions en froid. » Elle dit avoir été choquée après avoir visionné une vidéo de Maya Kaba sur le réseau social Tik-Tok : « Après son direct sur Tik-Tok, je me suis senti attaquée, même si elle n’a pas prononcé mon nom…J’ai fait un post pour l’attaquer, sans mentionner son nom. Elle a répliqué.»
Selon Yama Séga, la réplique de Maya Kaba, qui aurait touché à sa chirurgie esthétique a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : « Je me suis dit de répliquer pour qu’elle arrête. Cela a pris une autre tournure…Je suis le premier artiste guinéen à recourir à la chirurgie esthétique. Quand elle parle de chirurgie esthétique ratée, qui sent mauvais, je me sens attaquée, humiliée, surtout qu’on se connaissait. C’est pourquoi j’ai fait le live Facebook pour qu’elle arrête. Après ma sortie, elle a arrêté. »
La prévenue s’est confondue en excuses : « Je regrette pour beaucoup de raisons. Dans cette histoire, j’ai beaucoup plus à perdre…Je le regrette pour mes parents, pour mon enfant…qui va bientôt commencer à utiliser les réseaux sociaux…Je suis désolé pour ce qui est arrivé. Maya sait qu’en amitié, je suis sincère, je ne mens pas. »
Début du clash
Yama Séga, dans sa déposition, explique avoir répondu à un live Tik-Tok de Maya. Mais elle jure devant le juge que ce live Tik-Tok, bien que parlant de chirurgie esthétique, ne visait aucunement Yama Séga : « J’étais en Turquie pour mes affaires. J’ai voulu montrer mon séjour sur les réseaux sociaux. Mes abonnés m’ont taquiné en disant que j’étais partie pour faire la chirurgie esthétique. Je leur ai dit que je ne le faisais pas, malgré mes moyens… Yama Séga s’est senti visée. Elle a réagi, j’ai répliqué. » Maya la solution dit avoir tenu ces propos incriminés pour « rabaisser [son] amie avec qui j’étais en froid.»
Deux ans de gnouf « pour l’exemple »
Dans ses réquisitions, le ministère public n’est pas allé du dos de la cuillère pour demander au juge Souleymane Traoré de retenir les deux prévenues dans les liens de la prévention pour « atteinte à l’ordre public, à la dignité humaine, injures publiques et menaces ». Il requiert deux ans d’emprisonnement assortis de sursis et le paiement de 30 millions de francs guinéens d’amende : « En le faisant, vous aurez rendu une saine et bonne justice. Une telle décision permettrait aux prévenus de comprendre qu’on n’insulte pas.»

La défense, elle, a plaidé la clémence « Nous ne plaidons pas la grâce, mais la clémence…Ces deux personnes sont des amies. Elles se sont parlées, se sont pardonnées. Elles sont aujourd’hui humiliées par la société. Les condamner, contribuerait à les diviser », déclare maitre Paul Yomba Kourouma, avocat de Maya la solution.
Interdiction de réseaux sociaux
Maître Houleymatou Bah, avocate de Yama Séga, demande également au juge de ne pas suivre les réquisitions du ministère public : « La justice pénale ne peut être guidée par des impressions…Elles se sont insultées sur les réseaux sociaux, mais leurs propos ont été sortis de leur contexte. Renvoyez-les à des fins de la poursuite. »
Le juge Souleymane Traoré a finalement condamné les deux prévenues à deux ans de prison avec sursis, pour « production et diffusion de propos de nature à troubler la sécurité publique et la dignité humaine par le biais d’un système informatique. » Les deux dames ont également été reconnues « Coupables d’expressions outrageantes, d’allégations d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou de la collectivité à laquelle le fait est imputé. »
Le juge les renvoie par contre à des fins de la poursuite pour « menaces. »
Pour la répression, il les condamne à 2 ans d’emprisonnement avec sursis et à 40 millions de francs guinéens d’amende. Comme peine supplémentaire, les deux prévenues sont interdites de toute publication sur les réseaux sociaux pendant deux ans en dehors de celles liées à leurs activités professionnelles.
Yama Séga et Maya la solution apprécieront.
Yacine Diallo

