Sous ce titre, je publie au Seuil un « libelle » en défense d’une conception radicale de l’idéal démocratique, contre sa réduction à la primauté de l’élection qui l’appauvrit et le corrompt. En voici les premières pages.
Un système démocratique ne se résume pas au vote populaire pour choisir nos représentants, des députés de la Nation au président de la République.
La meilleure preuve en est qu’aujourd’hui, partout dans le monde, nombre de régimes autoritaires s’attaquent aux libertés et droits fondamentaux en arguant de leur légitimité électorale qui l’emporterait sur tout autre pouvoir ou contre-pouvoir l’État de droit, l’indépendance de la justice, la liberté de la presse, la possibilité de protester, de manifester, de sorganiser, etc. Autrement dit, à tous les principes énoncés puis engendrés, depuis 1948, par la Déclaration universelle des droits humains.
Cette primauté de l’élection ruine l’idéal démocratique, l’appauvrit et le corrompt. Elle autorise les pouvoirs qui en bénéficient à se retourner contre leurs propres peuples, à ignorer leurs revendications, à réprimer leurs protestations. Elle entretient l’amoralisme politique dont ils se prévalent pour s’absoudre de leurs manquements à la probité, attaquer la presse et le journalisme qui les documentent, défier la justice et les tribunaux qui les sanctionnent.
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