A la veille de la fête de Ramadan, le prix de la viande est monté d’un cran dans les points de vente et boucheries de Cona-cris. Vendu jusque-là à 65 000 francs glissants, le kilogramme de viande de bœufs se négocie désormais à 80 000. L’abattage récent des bœufs à Lola en Guinée-forestière serait la principale cause de la hausse. Quid du prix des poulets et poissons ?
L’Aïd El-fitr marque la fin du jeûne du Ramadan. Pour célébrer la fête 2026, les bouchers ont revu à la hausse le prix de cette denrée. Le 19 mars, dans les communes de Ratoma et Lambanyi, le kilogramme était vendu à 80 000 francs glissants au lieu des 65 0000 habituels. Idem, dans plusieurs autres communes de la capitale. À Kaporo-marché, dans la commune de Ratoma, Mamadou Saliou Diallo, est un revendeur détaillant de viande de bœuf. Devant une foule de clients, en train de découper de la viande, il a reconnu que « le prix de la viande est vraiment trop élevé actuellement ». Selon lui, à l’approche de la fête, le kilo chez les grossistes se négociait de 60 à 67 000 francs glissants, pour être revendu chez par les détaillants entre 65 GNF et 70 000 GNF. « L’un dans l’autre, les détaillants que nous sommes n’avons pas 10 000 GNF de bénéfice par kilo. Mais actuellement, dans les boucheries, un kilo est vendu à 72 000 FNG en gros, il faut inclure son transport et son emballage, d’où les 80 000 GNF », justifie-t-il. La rareté faisant la valeur, il a exhorté les autorités à « appuyer et à sécuriser les éleveurs, afin que Conakry ait beaucoup de bœufs à abattre ».
À Lambanyi, le kilogramme est livré à la clientèle au même prix. À l’abattoir de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, une instruction serait donnée à tous les vendeurs de viande de bœufs en gros de ne pas dépasser 70 000G GNF le kilo. « Ils nous ont dit ne pas vendre au-delà, mais chacun fait son petit prix dans d’autres points de vente », affirme un boucher qui a requis l’anonymat. Justifiant, de facto le laisser-aller dans la fixation des prix du kilogramme de viande à Conakry.

A la boucherie de Kakimbo, une réunion des bouchers s’est tenue le mercredi 18 mars. L’objectif était de maintenir le prix du kilo à 70 000 francs glissants. Interrogé par notre rédaction, Thierno Bella Bah, responsable des bouchers de l’abattoir de Kakimbo, se veut clair. « Lors de la réunion du mercredi, nous avons ordonné à ce qu’un kilo soit vendu à l’abattoir ici à 70 000 GNF. Nous faisons de notre mieux, mais nous ne pouvons pas contrôler tout sur le terrain, ce sont des instructions que nous donnons. »
Raisons de la hausse
Pour les bouchers, les raisons de la hausse sont multiples. En octobre 2025, un conflit avait éclaté entre éleveurs transhumants et agriculteurs locaux à Lola, en Guinée-forestière. Des centaines de bœufs avaient alors été froidement abattus. Pour Thierno Bella Bah, c’est l’une des causes de l’augmentation : « Depuis cet abattage injuste, les bœufs restés avec les éleveurs ont été sortis du pays. Actuellement, nous en importons du Mali et le coût du transport est énorme, il faut en tenir compte. »
Malgré la hausse, les boucheries sont bondées de clients.
Les prix de poissons et poulets inchangés
Le coût de la volaille et celui des produits halieutiques n’a pas varié à Cona-cris. Mamadou Aliou Barry, vendeur de poulets et de poissons au marché de Kaporo déclare qu’aucune hausse n’est en vue. « Le poulet entier se vend entre 40 000 et 45 000 francs guinéens, la différence dépend du nombre de poulets dans le carton. Un kilogramme de cuisses de poulet est livré à 30 000 GNF. Quant aux poissons, tout dépend de la grandeur et de la qualité, mais là aussi le prix n’a pas augmenté, jusque-là. » Pourtant, la demande en poulet et en poisson est aussi forte.
Souleymane Bah


