Dans le domaine de la gestion administrative, la Guinée se caractérise par de bons textes règlementaires, qui souffrent malheureusement d’un manque de suivi et d’application. Ce déplorable constat s’illustre à titre d’une situation relative à l’insalubrité persistante de Conakry et des villes de l’intérieur. Pour mémoire, le 21 septembre 2024, un décret avait été pris pour interdire désormais la fabrication, l’importation, la détention en vue de la commercialisation des emballages et objets en plastique à usage unique.
Il faut le souligner, ce décret visait à promouvoir la salubrité publique, des emballages biodégradables, à améliorer la santé des populations et à lutter contre la pollution et les nuisances. Dans la mesure où une période moratoire de six mois avait été fixée, afin que les importateurs et fabricants d’objets et emballages en plastique puissent liquider leur stock, aucune mesure concrète n’a été prise pour la mise en œuvre effective du décret.
Et comme la nature a horreur du vide, les décharges sauvages, les bordures de mer et les caniveaux à ciel ouvert débordent régulièrement d’ordures plastiques. Probablement, c’est au vu de cette situation, que le 11 mars, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a fait diffuser un communiqué, pour exprimer son regret de constater la prolifération croissante des emballages et objets en plastique à usage unique. Rappelant l’interdiction formelle de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la distribution ainsi que de la détention en vue de la vente des emballages plastiques sur l’ensemble du territoire guinéen, il annonce que des sanctions strictes seront appliquées contre toute violation de la mesure.
Se référant au décret n°2024/0172/PRG/CNRD/SGG du 21 septembre 2024, le ministre a rappelé aux autorités administratives à tous les niveaux, aux opérateurs économiques ainsi qu’aux citoyens, l’obligation de respecter les dispositions en vigueur. Ces mesures prévoient notamment l’interdiction, sur toute l’étendue du territoire national, de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la distribution, de la détention à des fins de vente et de l’utilisation des emballages et objets en plastique à usage unique. Elles interdisent également tout rejet, abandon ou dépôt d’emballages plastiques dans les rues, les cours d’eau, les infrastructures d’assainissement ou tout autre espace non autorisé.
Si louables soient-elles, ces dispositions règlementaires devraient être accompagnées par des mesures et actes susceptibles de faciliter la mise en oeuvre des décisions prises. Face à la complexité et du caractère transversal de la problématique de la pollution plastique, il serait judicieux d’impliquer tous les départements ministériels qui interviennent dans la chaîne de production et d’importation des emballages plastiques à usage unique.
Sur un tout autre plan, au regard de la culture ancrée dans les comportements des citoyens vis-à-vis des attitudes à tenir face à l’entretien de l’environnement urbain, il serait pertinent de mener une campagne de sensibilisation et d’information à outrance. La démarche contribuerait, dans une très large mesure, à l’adhésion des citoyens à la lutte contre l’insalubrité.
Thierno Saïdou Diakité


