Le 28 février dernier, lorsque le président des États-Unis et le premier ministre Israélien décident de faire rendre gorge à la République Islamique d’Iran, le monde a la certitude qu’ils ont les moyens de leur entreprise belliqueuse et qu’ils en ont évalué toutes les conséquences. Que nenni ! On est effaré par leur comportement et leurs propos qui traduisent une attitude tatillonne, de dilettante. Cela est particulièrement perceptible dans les gesticulations et le narratif du président américain dont les volte-face qui ne sont plus à compter donnent le tournis même aux esprits les plus résilients. Dès l’entame des hostilités, même les spécialistes les plus rompus à l’art de la guerre se sont perdus en conjectures tant les objectifs du conflit étaient obscurs, difficilement identifiables. Les affrontements entre les belligérants l’ont rapidement prouvé.
On a l’impression que Trump et Netanyahu ne se sont pas accordés sur la hiérarchie des objectifs de la guerre avant d’aller en campagne. Si pour le parent de l’Oncle Sam, il faut absolument empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et de développer le missile balistique, l’enfant d’Israël considère tout bonnement la République des Ayatollahs comme une menace existentielle. Dès lors, il n’est pas étonnant que des divergences sur les stratégies hantent les deux partenaires, de temps à autre.
Si les Américains n’excluent pas de s’accommoder de Mollahs modérés, les Israéliens abhorrent la présence des Islamistes au pouvoir. C’est pourquoi, Tel-Aviv s’engage dans la logique d’élimination systématique des dignitaires du régime de Téhéran. La première frappe, le 28 février, a quasiment décapité l’équipe dirigeante dont l’Ayatollah Ali Khamenei. Ce qui a aussi sidéré les observateurs avisés ou non, ce sont les remontrances contradictoires à l’emporte-pièce de Donald Trump. Un jour, il crie à la capitulation de l’Iran et le lendemain, il la menace du sort de Sodome et Gomorrhe. S’agissant de l’arrêt des hostilités, il glose que les barbus iraniens ont hâte de négocier leur réédition, des propos que ceux-ci réfutent aussitôt.
Les conséquences de ce conflit sont si catastrophiques et évidentes qu’on se demande pourquoi Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fâché les Mollahs. On croyait que ces deux va-t-en-guerre disposaient des parapluies infaillibles pour protéger leurs amis du Golfe. Que nenni ! Les monarchies du coin n’en peuvent plus de ployer sous les drones, les bombes et les missiles des Gardiens de la révolution. Un peu plus loin, la marine iranienne que Trump se vante d’avoir totalement détruite, interdit la circulation dans le détroit d’Ormuz où transitent 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde. Ce qui provoque déjà une hausse exponentielle du prix de ces énergies indispensables au monde moderne. Une crise économique majeure en perspective ? Sans doute. Tout donne à croire qu’il y a eu méprise dans l’affaire.
Abraham Kayoko Doré


