La salle d’audience de la Cour d’appel de Cona-crimes a abrité, le 9 avril, la passation de sévices entre Alphonse Charles Wright et Aly Touré, désormais périmé pro-crieur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières. L’ex-premier prési de la Cour d’appel a permuté avec la bête noire des dignitaires du régime déchu d’Alpha Grimpeur.
Aly Touré a passé quatre ans à la tête du parquet spatial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief) à requérir, traquer, embastiller et interjeter appels contre des présumés délinquants financiers. De nombreux dignitaires déchus, quelques-uns en exercice.
À sa prise de fonctions, Aly Touré, le tout nouveau prési de la Cour d’appel de la capitale guinéenne, a jeté un regard sur son long passage à la Crief : « Dans la conduite des destinées du parquet de la Crief, j’ai été menacé de mort aux premières heures de mon activité. La presse est là, elle en parle tous les jours. Je vous assure que cet événement a renforcé et galvanisé mon engagement dans la lutte contre la corruption. » Mission accomplie !
Le combat continuera désormais sous d’autres cieux, promet le robin. « Avec l’aide de Dieu, le soutien constant de ma famille, on relèvera les défis. Sachez que le dynamisme que vous [son éphémère prédécesseur Wright] avez engagé à la Cour d’appel, nous le poursuivrons pour le bien de la justice. Je suis conscient de ce que la juridiction représente dans notre arsenal judiciaire. Je sais que juger n’est pas facile ; juger est un sacerdoce qui n’est dévolu qu’à Dieu, Le Tout-Puissant. Mais entre nous les Hommes, puisqu’on ne peut pas vivre dans la débandade, dans le désordre, il faudrait bien qu’il y ait une organisation dans laquelle des hommes et des femmes sont chargés de reprendre cette justice. Il n’y a pas meilleur juge qu’Allah, mais c’est dans cette parcelle que nous exerçons », prétend Aly Touré au moment où nombreux sont encore ses compatriotes qui s’en remettent à la justice divine.
L’enfer promis aux corrupteurs
Le populo renoue avec les déclarations tonitruantes d’Alphonse Charles, qui promet d’être Right à la Crief. Cet ancien Garde des Shows, dans un État où la justice est proclamée boussole de tous, quitte la tête de la Cour d’appel pour celle du parquet spatial de la Crief. Son ambition : insuffler une avancée aux épineux dossiers de présumés détournements de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et blanchiment de capitaux qui impliqueraient des gros bonnets du pouvoir déchu mais aussi celui actuel. Amen !
« Le mal est d’abord dans ma propre maison, la justice. Pour y obtenir une décision, parfois, vous êtes obligé de payer. Ne soyez pas surpris que des magistrats ou des ministres en exercice passent à la Crief pour s’expliquer. »
Le pro-crieur tout nouveau, tout spécial de la CRIEF, n’exclut pas de déterrer des dossiers classés et de rappeler à la barre certains prévenus relaxés. « Toutes les personnes qui ont été poursuivies par l’administration publique pour des faits de corruption et ont été blanchies, je respecte l’indépendance du siège, mais dans l’intérêt de la loi, nous réexaminerons leurs dossiers. S’il existe des faits nouveaux de nature à engager l’action publique, je n’hésiterais pas. Comment les marchés publics sont-ils obtenus ? Nous reviendrons sur les injonctions déjà données. Nous allons tout passer au peigne fin, absolument tout, chaque marché, de 2010 à 2026 », a-t-il martelé.
Le PAC à l’index
Le nouveau pro-crieur spatial de la Crief entend ainsi rendre justice au Prési Mamadi Doum-bouillant. A tout Seigneur, toute l’horreur, paraît-il : « Je ne peux pas accepter que, dans la dynamique de gouvernance, certains insultent l’intelligence du Président de la République, disant : « il n’a qu’à dire que la justice est la boussole, nous lui prouverons le contraire et nous allons l’épuiser ». Mais au bout du compte, ce sont les délinquants financiers qui paieront le prix, pas le Président. »
Charles Right ou Wrong rappelle qu’on ne peut vouloir une chose et son contraire : « Si nous voulons lutter contre la corruption, nous devons nous-mêmes être irréprochables. Un corrompu ne peut pas poursuivre un corrompu. C’est impossible ! Sachez que vous êtes tous poursuivables. L’exemple sur le Port autonome de Conakry où le système indique 60 millions à payer, mais l’agent n’en déclare que 30 millions, empoche le reste. Je suis informé de tout. J’ai mes pistes et mes solutions, mais je ne vais pas les étaler ici », menace-t-il.
Et d’inviter l’Office de répression des délits économiques et financiers (Ordef) à déposer à son bureau tous les docs, afin qu’il fouine et décante. « Nous jouons avec l’avenir de nos enfants. Un franc détourné, c’est une femme enceinte qui meurt à Kouroussa », jure le robin. Il promet de déposer dare-dare sa déclaration, sur l’horreur, de ses biens au greffe de la Crief, après sa prise de ponctions. Wait and see !
Yaya Doumbouya

