Le jugement d’Alpha Mohamed Kallo et Cie contre l’Etat guinéen reprendra à zéro dès le 4 mai prochain devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). Ainsi en a décidé sa Chambre de jugement, recomposée et présidée par un nouveau juge.
La récente mutation de magistrats de la juridiction guinéenne de répression des délits économiques a entraîné des changements au niveau de la composition de ses chambres. Conséquences : de nombreux dossiers qui étaient en cours de jugement seront repris à zéro. C’est le cas notamment de celui d’Alpha Mohamed Kallo, ex-directeur général de la Banque nationale d’investissements de Guinée (BNIG)
En prison depuis le 26 juillet 2022, cet ancien cadre du régime d’Alpha Condé est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux en écritures publiques, d’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics. Ses coprévenus sont Maurice Eugène Alécaut (client, libre, mais malade), Ibrahima Tounkara (ancien cadre de la BNIG, en fuite), Afriland First Bank, les sociétés Ejico et Djoliba pêche.
Jugé depuis plus de deux ans devant la Crief, Alpha Mohamed Kallo est accusé d’avoir détourné plusieurs milliards de francs guinéens, dont 18 milliards de francs alloués à la rénovation du siège de la BNIG sis à Kaloum. Le prévenu s’est longuement expliqué là-dessus, affirmant n’avoir détourné aucun fond public. Ses multiples demandes de mise en liberté se sont soldées par un échec.
Le 15 février, son successeur à la tête de la Banque nationale d’investissement de Guinée, Moussa 2 Kamissoko, l’avait accusé de gestion opaque des fonds de l’institution. Pour Alpha Mohamed Kallo, son successeur « ne maîtrise » pas le dossier. Selon lui, tous les ordres de virement sont validés par la Banque centrale de la République de Guinée (BRCG), où sont domiciliés l’argent de la BNIG. Même que lui en personne ne peut attribuer ou surfacturer un marché, encore moins accorder un prêt bancaire, toutes les transactions nécessitant l’approbation du Conseil d’administration.
Yaya Doumbouya

