Les 25 et 26 avril, le Mali a fait l’objet de multiples attaques armées coordonnées, menées par la coalition djihadiste du GSIM/JNIM, Groupe de Soutien à l’islam et aux musulmans et du FLA, Front de libération de l’Azawad. Il en résulte d’importants dégâts matériels, des pertes humaines inestimables et la reprise de la ville de Kidal par les rebelles Touaregs.
Trois pays sahéliens sont affranchis de la CEDEAO, s’agrégeant constituer l’Alliance des États du Sahel (AES). Le trio justifie son divorce par le panafricanisme et le souverainisme. Ils ont dénoncé le zèle dont la communauté a fait montre dans l’application des sanctions contre les coupables de putschs militaires ou constitutionnels. Mais beaucoup d’observateurs avisés considèrent cet argumentaire comme une fuite en avant pour justifier leurs putschs et légitimé la confiscation durable du pouvoir. La résolution de la crise sécuritaire définie comme objectif prioritaire au Mali, au Burkina Faso et au Niger. On est bien loin du compte, en dépit des soutiens humain et matériel de la Fédération de Russie. Ainsi, à Ti-n-Zaouâtene, le Front de Libération de l’Azawad a infligé une défaite humiliante aux soldats Maliens et leurs soutiens du groupe Wagner.
Les groupes djihadistes ont attaqué à plusieurs reprises des cibles militaires considérées comme imprenables : la ville garnison de Kati et la Base 101 de l’aéroport de Bamako. Les terroristes se sont payés même le luxe d’organiser des blocus des voies terrestres, perturbant l’économie et asphyxiant le pays.
Les deux autres États de l’AES ne sont pas non plus indemnes des foucades djihadistes. L’aéroport international de Niamey a été souventefois visé par des attaques qui l’ont profondément perturbé. Çà et là, des symboles du pouvoir ont été saccagés, vandalisés tandis que des autorités ont été molestées, enlevées et faites otages. La ville de Kidal a changé plusieurs fois de maître.
Ces interminables soubresauts, litanie de hauts faits de guerre des uns et des autres, sont bien l’illustration d’une crise sécuritaire aiguë et son corollaire, la pauvreté généralisée.
La création de l’AES n’a pas mis fin aux difficultés conjoncturelles et structurelles des États membres. Le rétrécissement de l’espace des libertés collectives et individuelles à travers l’interdiction des organisations politiques et de la société civile, révulse une masse conséquente de citoyens. Ces phénomènes socio-politiques impactent négativement les activités économiques, érodent la qualité de vie des populations, accentuent l’indigence.
Après les événements des 25 et 26 avril, quelles perspectives pour le Mali ? L’expérience a prouvé que les bombes et les drones n’apporteront pas de solution à la crise malienne. La guerre asymétrique est un casse-tête chinois pour les États. Si le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le Front de libération de l’Azawad ne sont pas assurés de pouvoir maintenir leurs acquis territoriaux. Il est tout aussi vrai que le gouvernement ne les vaincra pas du jour au lendemain. La quadrature du cercle.
Abraham Kayoko Doré

