Voyager à l’intérieur de la Guinée est un parcours de combattant à cause du mauvais état des routes. Sortir du bled à destination de chez les voisins n’est pas non plus chose aisée. Ce, malgré l’autosatisfaction en termes de développement des différents dirigeants qui se sont succédé à la tête du bled. En 2026, il est difficile de relier tant les villes de l’arrière-bled que les capitales des bleds frontaliers à la Guinée. Et pour cause, les routes sont encore en piteux état. Nous en avons fait les frais de ce calvaire début mai.
Le 1er mai, pour se rendre en Côte d’Ivoire, nous avons emprunté un bus climatisé faisant la navette Conakry-Abidjan via notamment Nzérékoré, au sud de la Guinée. De Cona-cris à Lola jusqu’à la frontière avec la Côte d’Ivoire à la sous-préfecture de N’zoo, via Nzaly, les voyageurs font face à un calvaire inouï. La dégradation poussée de la route Mamou-Faranah, 192 kilomètres, oblige de nombreux teufteufs à contourner cet axe, pour passer par Dabola, avant de mettre le cap sur Faranah. Mais là aussi, tout n’est pas rose. L’axe Dabola-Faranah (108 km) n’a pas connu une couche de bitume depuis l’indépendance du bled. À l’image de beaucoup d’axes interurbains. Sur cette route, des ponts sont sur le point de céder. Par exemple, à quelques mètres après la sous-préfecture de Ndema, direction Faranah, ce sont des morceaux de bois et de cailloux qui ont été utilisés pour colmater le pont, afin de permettre le passage des engins roulants. Les passagers sont obligés de descendre du bus, pour traverser. Avec la saison des pluies qui s’annonce, la circulation sur cette route s’annonce difficile à cause des nids d’éléphants qui commencent déjà à se former.
Pour parcourir les 192 kilomètres de l’axe Mamou-Faranah, un usager affirme avoir passé 7 heures : « Nous avons quitté Faranah à 2h, c’est vers 10h moins que nous sommes arrivés à Mamou. C’est terrible, la route est impraticable ». Même si des machines sont visibles et que quelques travaux ont débuté pour réhabiliter la route, le calvaire des usagers est loin de finir. Alors qu’il y a moins de 10 ans, ce tronçon était bien bitumé. Mais faute d’entretien, la route est devenue impraticable. Autre axe en dégradation avancée, la route Sérédou-Nzérékoré, longue d’environ 97 km. Des nids de poule, que dis-je des nids d’éléphants, se forment en maints endroits de la voie. Pour cette distance, les usagers passent près de 4 heures de parcours, avec des risques d’accidents et autres souffrances dues aux secousses. La voie Nzérékoré-Lola se dégrade aussi, au grand dam du populo.
L’axe Lola-N’Zoo, 32 kilomètres, était inscrit dans le cadre de la facilitation de transport entre la Guinée et la Côte d’Ivoire traine depuis 2015. Douze ans après, seuls quelques tronçons sont bitumés, le reste, notamment les parties traversant les villages, les travaux sont en cours. Mais avec l’annonce de la saison des pluies, le bitumage risque de traîner. Alors que la partie ivoirienne, de la ville de Danané à la frontière avec la Guinée, sur 48 kilomètres, la voie a été bitumée et est praticable depuis 2017.
Ibn Adama, de retour d’Abidjan

