Le 20 mai, le procès de l’artiste Hadiatou Bah alias Bandirou comprendre (bandit) et les créateurs de contenu Ahmed Saadate Diallo alias Saad et Mamadou Alpha Baldé dit Sopralpha s’est ouvert au Tribunal de première instance de Dixinn. Ils sont accusés, entre autres, de proxénétisme, complicité, atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. À la barre, l’artiste plaide coupable.
Les trois prévenus ont été inculpés le 19 mai, avant d’être mis au gnouf nuitamment. Ils ont été jugés séparément pour deux procédures différentes. Hadiatou Bah a été poursuivie par un certain Oumar Diallo, propriétaire d’un Chicha-Lounge pour « atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique ».
A la barre, Hadiatou alias Bandirou reconnaît les charges qui pèsent sur elle.
Tout est parti d’un entretien de l’artiste avec Saad et son cadreur Sopralpha. Visiblement franche dans ses propos lors de l’interview, Bandirou dit avoir mis en relation des hommes désireux de coucher avec des femmes moyennant espèces sonnantes et trébuchantes : « Je les mets en relation, l’homme paie de l’argent à la femme, et celle-ci me donne ma part », avoue-t-elle dans la vidéo publiée sur une des pages Facebook des créateurs de contenu.
Lors des débats, Hadiatou a reconnu les propos tenus dans la vidéo. « C’est dans le cadre de la sortie de mon clip Bandirou que l’entretien a été tenu. Lors de l’interview, j’ai tenu des propos mensongers en affirmant que je facilite les relations entre les hommes et les femmes. Mais c’était juste pour faire du buzz et avoir de la visibilité. » Elle ajoute qu’elle fréquente les « ghettos », mais ne fume pas de la drogue : « Je bois de la bière, fume de la cigarette. Je vais au ghetto, pour me cacher de ma famille. »
N’ayant pas pris un avocat, un conseil s’est porté volontaire pour la défendre. La défense dénonce une jonction de procédure. Elle demande une mise en liberté de sa cliente, avec le versement d’une caution, en attendant la poursuite du procès.
Cette demande a été rejetée par le ministère public, soulignant qu’elle « compromettrait l’examen des procédures. »
Sur siège, le tribunal a délibéré. Le tribunal a rejeté la sollicitation de la défense en renvoyant le dossier au 10 juin, pour la suite des débats.
Au moment où nous mettions en ligne la présente, le procès des deux autres avait démarré.
Souleymane Bah

