Près de 7 millions d’électeurs guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 31 mai, pour élire leurs députés et leurs maires. Une matinée de vote pluvieuse, sans engouement et ponctuée d’anomalies.

Habitant du quartier de Bellevue-École, dans la commune de Dixinn (proche banlieue de Conakry), Aly Chérif s’est levé de bonne heure pour voter ce dimanche. Il a finalement glissé ses trois bulletins, successivement, dans les trois urnes préparées à cet effet aux environs de 8h.

Le président du bureau de vote, Mohamed Lamine Camara, fait montre de pédagogie en guidant les électeurs. Ces derniers doivent voter triple, en effet : pour les maires des communes appelés à remplacer les délégations spéciales nommées à l’arrivée de Mamadi Doumbouya au pouvoir par coup d’État, le 5 septembre 2021.

Ils doivent également glisser dans deux urnes différentes leurs bulletins de vote : l’un pour le scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle ; l’autre, pour le scrutin uninominal ou plurinominal.

Coupler les communales aux législatives et devoir élire entre un et cinq députés (selon la taille de la circonscription) allongent la liste des nouveautés et compliquent en conséquence l’opération pour certains électeurs illettrés.

Alors que les populations de Conakry se sont réveillées sous une fine pluie (qui s’est estompée vers 9h heure locale et GMT), la matinée électorale n’a pas attiré des grandes foules devant les bureaux de vote sillonnés.

Et des manquements étaient signalés par endroit. Ils vont de l’absence de la fiche de dépouillement ou du procès-verbal de vote, à celles d’émargement des observateurs et de vote par dérogation. On a noté également de nombre incomplet d’assesseurs et de faible représentation des partis politiques. Alors que certains bureaux de vote ont plus d’un agent de sécurité, d’autres n’en avaient aucun.

Pour s’abriter de la pluie, des bureaux de vote ont été aménagés à l’intérieur des écoles, de maison jeunes ou de terrasses de concessions privées. Et parfois côtoyant des affiches de campagne, en dépit de l’appel au désaffichage lancé par la Direction générale des élections (DGE) qui pilote le scrutin.

Diawo Labboyah