Dans l’Afrique d’aujourd’hui, à quelques exceptions près, c’est le temps des régimes présidentiels anti-constitutionnels. Les chefs élus se cramponnent au pouvoir par mille et un subreptices politiques. Cette triste réalité est la résurgence des régimes des pères de l’indépendance.

En Afrique francophone, le Sénégal fait figure d’un modèle de démocratie sans faille. Plusieurs tentatives de confiscation du pouvoir fomentées au fil des années ont toutes échoué. La dernière en date est de l’ancien Président Macky Sall qui a usé de ses forces dans l’exécutif, le législatif et le judiciaire en vain. Un vaste mouvement de refus et de colère s’est emparé du peuple, ce qui a conduit à d’importants dégâts matériels, des morts et des blessés. Ce mouvement a été suscité et encadré par le PASTEF, parti d’Ousmane Sonko et de son proche collaborateur Bassirou Diomaye Faye.

Lorsque Sonko s’est vu empêché par la justice de candidater à la présidentielle programmée en 2024, il a chargé Diomaye Faye de porter la candidature du parti. On connaît la suite : les résultats proclamés donnent la victoire au PASTEF. Elu Président, Diomaye Faye nomme son mentor Sonko Premier Ministre.

Malheureusement, la lune de miel sera de courte durée. Les courtisans du Président créent le « Mouvement Diomaye Président » qui s’active à creuser le fossé entre les deux amis. Les contradictions s’accumulent entre les deux bords au point qu’en deux ans ce qui devait arriver arriva : le 22 mai, le Président limoge le Premier ministre et son gouvernement. Quatre jours après, le PASTEF majoritaire à l’Assemblée nationale, porte Sonko au perchoir.


Entre les amis d’hier, c’est désormais le divorce. L’amitié cède la place à l’adversité. Diomaye a pour lui les ficelles du pouvoir, et Sonko, le soutien de la représentation nationale et par ricochet celui du peuple.
On peut dire que le duel ne fait que commencer, et bien malin celui qui en prédira l’issue. Qui sortira vainqueur de ce bras de fer ?

Walaoulou Bilivogui