Je me rappelle qu’en 2017, alors que je venais fraîchement de sortir de l’Université Kofi Annan de Guinée avec une licence en journalisme, Diawo Laboyah Barry m’a informée que le groupe de presse Le Lynx/Lance, dont le siège se trouvait à l’immeuble Baldé Zaïre dans la commune urbaine de Kaloum, recrutait une femme journaliste pour animer la rubrique « Ah les femmes » après le départ d’Asmaou Bantiguel Barry, actuellement conseillère au CNT.

Passionnée par le journalisme et souhaitant débuter dans la presse écrite au sein d’un média professionnel et rigoureux afin de me perfectionner, j’ai postulé pour un stage.

Une expérience qui n’a duré que deux semaines. Pendant les premiers jours de mon stage, le feu doyen Diallo Souleymane n’était pas au pays. Un jour, alors que j’étais dans la rédaction, le doyen Diallo Souleymane est entré en nous saluant de sa voix basse. C’était la première fois que je le croisais physiquement.

Après nous avoir salués, il a demandé qui j’étais. Diawo Laboyah l’actuel Directeur de publication a répondu à ma place : « C’est la nouvelle stagiaire. » C’est ainsi qu’il a demandé à Laboyah et à moi de le retrouver dans son bureau, ce que nous avons fait.

Après un entretien de quelques minutes avec lui, devant son unique garçon, feu Mohamed, il a déclaré qu’il n’était pas encore prêt à recevoir des stagiaires. C’était la fin du contrat.
Huit ans plus tard, début avril 2025, le groupe avait également un poste à pourvoir. Diawo Laboyah Barry m’a de nouveau contactée, mais cette fois-ci, non pas pour un stage comme en 2017, mais pour un emploi direct.

Le 8 avril 2025, j’ai commencé le travail sans encore le rencontrer, car l’entretien d’embauche s’était déroulé entre le rédacteur en chef, Mamadou Siré Diallo et Diawo Laboyah Barry, le directeur de publication.

Étant peut-être une femme, certains ne croyaient pas que je pouvais faire ce travail. Cependant, j’avais confiance en moi et j’ai décidé de les surprendre.
Mes premiers articles ont même fait la une des deux journaux, chose qui a impressionné feu Diallo Souleymane. Lors de notre premier échange dans son bureau, en présence du directeur de publication, du rédacteur en chef et de moi-même, nous avons discuté longuement. C’était également la première fois que je le revoyais depuis notre séparation en 2017.

Lui-même ne savait pas que c’était moi qui étais revenue. Laboyah le lui a fait savoir. Étonné, il m’a dit : « Tu écris de bons articles. Félicitations, et sache que le groupe, c’est pour nous tous. Continue ainsi. »

Feu Diallo Souleymane : je me rappelle de lui comme d’un homme rigoureux et calme, qui portait le journalisme dans son âme et aimait profondément son média. Lorsqu’il était au pays, il ne se passait pas un seul jour sans qu’il ne vienne au bureau.

À chacune de ses visites, il ouvrait calmement la porte de la rédaction, saluait tout le monde de sa voix discrète, puis rejoignait son bureau.
Sa voix était tellement basse que, parfois, il me saluait sans que je ne l’entende. Le rédacteur en chef me reprochait alors à chaque passage : « Dalanda, Monsieur Diallo entre et salue ici, et toi, tu ne réponds pas. »

Pourtant, ce n’était nullement un manque de respect ; je ne l’avais tout simplement pas entendu.
Paix à ton âme, cher doyen, icône de la presse guinéenne et cher patron. Amen !

Mariama Dalanda Bah