À la faveur de la journée africaine de lutte contre la corruption [célébrée le 11juillet de chaque année], sous le thème continental « Intensifier la promotion de l’intégrité et des actions de lutte contre la corruption à travers l’Afrique », l’Agence nationale de lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance a placé les Petites et Moyennes Entreprises (PME) au cœur de son plaidoyer. Dans une déclaration, son secrétaire exécutif a appelé les acteurs économiques à faire de l’intégrité un véritable levier de réussite du programme Simandou 2040 et de la transformation économique de la Guinée.

Si le secrétaire exécutif de cette institution a rappelé que cette journée constitue une opportunité de renouveler l’engagement collectif en faveur de la prévention et de la lutte contre la corruption, il aurait été très judicieux de présenter à l’occasion, ce que l’Agence envisage concrètement pour vaincre le cercle vicieux de la corruption en Guinée. C’est un secret de polichinelle, en dépit d’un cadre institutionnel bien structuré, il n’en demeure pas moins vrai que le phénomène de corruption a de beaux jours en Guinée. Une situation dont les causes sont bien connues, mais non traitées. En effet, malgré l’existence d’un cadre institutionnel chargé de l’application des politiques et pratiques de prévention de la corruption, en réalité, les institutions sont confrontées à un manque d’indépendance effective et une faiblesse au niveau des ressources humaines, matérielles et financières.

Dans le même ordre d’idées, notons la faible allocation budgétaire et une insuffisance de ressources au bénéfice des divers organes chargés de la mise en œuvre des dispositions légales et règlementaires de lutte contre la corruption et les infractions assimilées en Guinée. Il s’agit notamment de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance (ANLC-PBG), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), les cours et tribunaux, l’Inspection générale des finances (IGF), l’Inspection générale d’Etat (IGE), l’Inspection générale de l’administration publique (IGAP), l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), l’Agence judiciaire de l’Etat et les organisations de la société civile, y compris les médias.

Pour donc se donner les moyens appropriés de lutte contre la corruption, il revient à nos autorités de créer des conditions de transparence, de disponibilité et de fiabilité de l’information. Les dispositions de la loi sur le droit à l’accès à l’information publique protègent la liberté de rechercher, de recevoir, de publier et de diffuser des informations concernant la corruption, mais ces droits sont assortis de restrictions prescrites par la loi. La faible application de la loi, qui n’est pas largement connue du public, et la rétention d’informations par les fonctionnaires constituent de véritables défis à relever par l’administration. Les mesures prises pour accroître la transparence des processus décisionnels et promouvoir la participation du public à la lutte contre la corruption comprennent l’implication de la société civile et des médias dans le contrôle citoyen de l’action publique, leur participation aux conseils d’administration (CA) des Établissements publics administratifs (EPA) et des projets d’envergure nationale.

Thierno Saïdou Diakité