Le procès d’Oyé Guilavogui s’est achevé, le 27 juillet, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). L’ancien ministre de l’Environnement sous Alpha Condé a été condamné à six ans d’emprisonnement.

C’est l’épilogue du dossier opposant l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, à Oyé Guilavogui. Le cadre du RPG Arc-en-ciel, hors du pays depuis qu’il a été autorisé par la justice à se rendre en Tunisie pour des soins en 2023, a été reconnu coupable de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

L’ancien ministre était poursuivi pour plusieurs opérations financières jugées irrégulières. Il lui est notamment reproché un reliquat de 12 millions de dollars américains non justifié sur un financement global de 50 millions de dollars accordé par la banque chinoise Eximbank pour la relance et l’expansion de la société étatique de téléphonie mobile SOTELGUI. A cela s’ajoute le détournement présumé de 46 milliards de francs guinéens du Fonds forestier et de 68 milliards de francs guinéens destinés à un projet de délivrance de permis de conduire.

Selon le parquet, ces montants auraient été détournés au préjudice de l’État. Les faits reprochés remontent à la période où Oyé Guilavogui occupait les fonctions de ministre des Postes et Télécommunications, sous l’ancien régime d’Alpha Condé (décembre 2010-septembre 2021).

Oyé Guilavogui a été jugé et condamné par défaut. Autorisé à quitter le territoire pour une durée de trente jours afin de recevoir des soins en Tunisie, il n’est jamais rentré en Guinée.

Des amendes en milliards de francs

En plus de la peine de six ans de prison, le président de la Chambre de jugement, Alpha Camara, l’a condamné à une amende de deux milliards de francs guinéens et au paiement de cinq milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts, au profit de l’État guinéen. La Cour a également décerné un mandat d’arrêt à son encontre.

L’ancien ministre voit également l’ensemble de ses biens confisqués au profit de l’État. Il s’agit notamment de plusieurs parcelles situées à Sangoyah, Kipé et Kobayah. Il perd aussi, au moins provisoirement, ses concessions à Kindia et à Macenta, ainsi que ses plantations d’hévéa et d’anacardiers dans la préfecture de Macenta.

La Chambre de jugement n’a toutefois pas entièrement suivi les réquisitions du parquet. Le ministère public avait requis dix ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 50 milliards de francs guinéens.

À la barre, Oyé Guilavogui avait rejeté en bloc toutes les accusations. Il affirmait que le ministère public ne disposait d’aucune preuve contre lui : « Depuis l’ouverture de cette procédure, on ne m’a présenté aucun montant que j’aurais détourné. D’ailleurs, je n’ai détourné aucun bien de l’État guinéen. J’aimerais qu’on me présente, preuves à l’appui, un seul franc de l’État que j’aurais dérobé, comme ils le prétendent. Le parquet est incapable de produire un rapport d’audit me concernant. »

Yacine Diallo