Le processus de retour à l’ordre constitutionnel vient d’atteindre son poing d’achèvement et d’affinement à travers l’installation de l’organe législatif. Le 17 juillet, les tout nouveaux honorables dépités se sont réunis en séance plénière dans l’Hémicycle rectangulaire du Palais du peuple pour élire le titulaire du perchoir et ses collabos. L’Honorable Dansa Courroux-mât, qui assumait déjà les lourdes et stressantes charges de Prési du Conseil national de la transition, a été plébiscité au prestigieux poste de Prési de l’Assemblée nationale. La GMD (Génération pour la modernité et le développement) qui a adoubé sa candidature a réalisé le « Grand Chelem » lors des sélections législatives, en engrangeant 116 sièges sur 147.
Dans leurs petits coins, les aigris vont gloser en murmurant : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Ah, les inlassables langues fourchues ! Elles ont toujours quelques méchancetés à proférer et le malin plaisir à jouer les trouble-fêtes.
Dans la foulée, les Honorables nounous et barbus qui doivent alléger les tâches du boss ont été investis de leur sacerdoces. Parmi eux, deux nounous liées par l’homonymie et le goût de la politique : Mal-calé Camara et Mal-calé Traoré. Deux femmes, au caractère bien trempé, sont respectivement élues première Vice-présidente et deuxième Vice-présidente de notre Assemblée. Une troisième dame, Hadja Fanta Camara, s’empare de la quatrième Vice-présidence. On est en pleine discrimination positive pour atteindre l’hypothétique parité hommes-femmes. N’est-il pas loisible aux honorables dépités de donner le ton ? Tout le pays leur en saura gré. Le geste est magnanime et le jeu en vaut la chandelle. Mais sera-t-il une grande source d’inspiration ? Wait and see.
Aussi, pour renforcer les capacités institutionnelles, opérationnelles et dans le respect des standards internationaux, les Dépité(es) ont étoffé leurs tâches par la constitution des groupes parlementaires et des commissions de travail. En fonction des opinions et des obédiences politiques, trois groupes ont été mis en place et ont désigné leurs présidents. Il s’agit du Groupe pour la majorité et le Développement (majorité présidentielle, 116 sièges) ; Alliance Patriotique (opposition, 16 sièges) et Alliance Républicaine (indépendants, 15 sièges).
La GMD n’a laissé que la portion congrue à ses adversaires. « Qui veut voyager loin ménage sa monture », nous conseille le vieil adage. Ces groupes grouillent respectivement sous la férule de Alhousseiny Makanéra Caquet, Ablo Kourouma et Bouna Keïta. Un trio bien connu du populo guinéen qui appréciera.
Ce labeur d’organisation de nos 147 honorables dépités a mis un poing final au processus transitionnel qui, tel un fleuve tranquille, a traversé l’élaboration et l’adoption de la constitution, l’élection pestilentielle, les sélections communales et législatives, sur fond de refondation sociétale.
Les Guinéens ont donc renoué avec l’ordre constitutionnel et ses contraintes agréables ou douloureuses. Pour le bonheur de tous.
Abraham Kayoko Doré

