Chargée d’acheter les tenues de leur mariage en Sierra Leone, Alima Camara a finalement détourné les 12 millions de francs guinéens que son fiancé lui avait confiés. Jugée mercredi 5 août au tribunal de première instance de Kaloum, elle a reconnu les faits. Contre toute attente, le plaignant a retiré sa plainte et dit vouloir maintenir son projet de mariage. Une clémence qui n’a toutefois pas empêché la justice de la condamner à un mois de prison avec sursis.
Les préparatifs du mariage ont viré au feuilleton judiciaire. Placée sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry depuis le 24 juillet dernier, Alima Camara a comparu mercredi 5 août, devant le tribunal de première instance de Kaloum. Elle répondait d’un abus de confiance portant sur 12 millions de francs glissants, une somme que lui avait remise son fiancé, Mory Camara.
À la barre, la prévenue n’a pas cherché à contourner le pot aux roses. Elle a reconnu avoir reçu l’argent destiné à l’achat des habits de mariage en Sierra Leone, avant de le remettre à une tierce personne.
« Mory Camara est mon fiancé. Il m’a remis 12 millions de francs guinéens pour aller en Sierra Leone acheter des habits pour célébrer notre mariage. J’ai pris l’argent, je l’ai remis à quelqu’un d’autre. Je n’ai pas acheté les habits », a-t-elle reconnu devant le tribunal.
Alors que l’affaire semblait mal engagée, le plaignant a pris tout le monde à contre-pied. Loin de réclamer réparation, Mory Camara a annoncé qu’il retirait sa plainte et qu’il restait déterminé à épouser Alima Camara.
« Comme elle a dit qu’elle a donné l’argent à quelqu’un, moi j’ai pardonné. Je me désiste de mon action et je veux toujours qu’elle soit mon épouse », a-t-il déclaré.
Mais, le ministère public a rappelé que le désistement de la victime n’empêche pas les poursuites lorsque l’infraction est constituée. Estimant les faits suffisamment établis, le parquet a demandé que la prévenue soit déclarée coupable et condamnée à un mois d’emprisonnement avec sursis.
Le tribunal, statuant séance tenante, a suivi les réquisitions du parquet. Alima Camara a été reconnue coupable d’abus de confiance et condamnée à un mois de prison avec sursis.
Aïssatou Bah

