Le 4 août, deux responsables et un militant du Bloc libéral (BL) de la sous-préfecture de Ouendé-Kénéma ont été écroués à la maison d’arrêt de Guéckédou, pour « tentative d’incendie ». Faya Millimouno, prési donneur du BL, soupçonne une main noire derrière ces arrestations. Il menace de retrait les conseillers de son parti à la mairie de Ouendé-Kénéma, dès après leur procès.

Tout est parti le 18 juillet lorsque Faya Alexis Kamano, militant du BL à Ouendé-Kénéma a été mis aux arrêts. Il a été coffré par les pandores de la localité, avant d’être libéré dans la journée. « Des responsables du parti ont intervenu, afin de savoir s’il y a eu plainte contre lui, et identifier le plaignant. Mais puisqu’il n’y avait aucun élément contre lui, il a été libéré », nous confie le 6 août, Faya Mini-mono.

Le 31 juillet, Faya Alexis Kamano a été de nouveau interpellé et jeté au gnouf: «On l’accuse de tentative d’incendie, il a été auditionné à la gendarmerie de Gueckédou, malgré le démenti des témoins sur place, il a finalement été incarcéré à la maison d’arrêt de la préfecture.»

En plus du militant, deux responsables du Bloc libéral de la localité sont écroués. Il s’agit de Mohamed Fadiga, secrétaire gênant du parti et Sékouba Konaté, conseillé communal de Ouendé-Kénéma. Ils seraient tous accusés par la mairesse de la commune qui les soupçonne de vouloir incendier son domicile, selon Faya Millimouno. « Ils ont été accusés par la maire pour menace d’incendie de son domicile, sans qu’aucune preuve ne soit brandie. Actuellement, ils sont tous à la maison d’arrêt de Guéckédou.» Selon le Mini-mono, il n’y a eu aucun incendie au domicile de la plaignante.

Une main noire

Le prési d’honneur du BL est certain que les accusations portées à l’encontre des cadres de son parti ne sont pas fortuites. Sans pointer du doigt, il voit une main noire. « Puisque la majorité des habitants de la sous-préfecture sont du BL, nos militants sont persécutés à cause de cela », a accusé Faya, fustigeant que lors des sélections communales passées, sept bureaux de vote « favorables » à son parti aient été annulés : « Malgré cela, le Bloc libéral était en tête. Depuis l’installation des conseillers, la mairie fonctionne sans les onze conseillers du BL. Ils ne les informent de rien», déplore-t-il. Selon lui, un projet de plainte était déjà rédigé par des conseillers du BL contre la mairie de Ouendé-Kénéma. « Comme nos conseillers ont constaté qu’ils sont privés de l’exercice de leur droit, ils ont formulé un projet de plainte. Ils me l’ont l’envoyé. Je leur ai dit de patienter afin que je transfère le projet à notre avocat, pour qu’il l’examine au regard du Code des collectivités. Mais entre-temps, la mairesse a su qu’une plainte est en vue contre le conseil pour fonctionnement illégal. Comme par coïncidence, ses accusations et interpellations sont intervenues», avant le dépôt de la plainte des conseillers du BL.

Menace de démission

Le procès des trois membres du BL s’ouvre le 11 août devant le tribunal de première instance de Guéckédou. Après le jugement, Faya Millimouno promet d’instruire les conseillers de démissionner. «Après le procès, je demanderai aux onze conseillers plus les douze autres conseillers non élus de faire leur lettre de démission de la mairie. Si cela peut les satisfaire pour coller la paix aux membres du Bloc libéral, nous le ferons.» Qui vieillira verra !

Souleymane Bah