Cinq personnes sont mortes dans la nuit du 10 au 11 août, à la suite de l’effondrement d’un immeuble en chantier, dans le quartier Hafia, dans la commune de Dixnn. L’édifice de 5 étages s’est écroulé sur un bâtiment contigu.
Le bilan est lourd : cinq personnes dont un enfant sont mortes (Fatoumata Camara, 9 ans ; Amara Fadiga, 16 ans ; Fodé Kaba Cissé, 22 ans ; Moustapha Diakhaby, 16 ans ; Mariama Cissé, 70 ans), 4 blessés, une habitation complètement détruite. Selon plusieurs témoins, c’est sous une forte averse vers 2h du matin que le bâtiment s’est écroulé sur une habitation voisine. Au total, neuf personnes ont été extraites des décombres par les secours.
Le drame a suscité tristesse et consternation dans la famille Cissé, qui a vu son domicile cassé, après l’effondrement du bâtiment à 5 étages, tard la nuit. Coincé entre plusieurs habitations, c’était le seul bâtiment à 5 étages en construction à proximité. La veille, dans la journée, le voisinage affirme avoir alerté le chef du chantier sur les fissures qui étaient visibles sur les piliers et les murs du bâtiment. Le chef du quartier aurait été informé de la situation qui, à son tour, avait appelé le chef du chantier qui a rassuré « avoir trouvé une solution pour éviter tout dommage. »
Malheureusement, la tragédie est survenue, plongeant une famille entière en deuil. « Quand j’ai entendu le bruit, j’ai cru que c’était la foudre qui était tombée sur nous. J’ai ouvert la porte, mais il n’y avait pas de passage. Rapidement, nous sommes sortis, ma femme et moi, en courant pour demander de l’aide. C’est le climatiseur que nous avons cassé, pour sortir certaines personnes », a indiqué Lamine Cissé, propriétaire de la maison sur laquelle l’étage s’est effondré. Il a perdu sa sœur Mariama Cissé, 70 ans. Sa fille, Sarata, encore vivante, a été évacuée à l’hôpital Donka.

Le père de famille en détresse, sans domicile, déplore la mauvaise qualité de la construction, notamment en raison du manque de ciment utilisé dans les travaux. « Quand nous parlions de cette situation, le chef du chantier nous disait que nous sommes contre lui, il se fâche ». Selon Lamine Cissé, le propriétaire de l’immeuble, joint via WattsApp lundi 10 août, a dit qu’il se trouverait en Egypte.
Médecin après la mort ?
Dès l’annonce de la nouvelle, les autorités se sont précipitées sur les lieux du sinistre, pour non seulement secourir les victimes, mais aussi apporter leur soutien. D’autres parleraient d’une promptitude des autorités après 5 morts, une famille en détresse et sans domicile.
Le mal était pourtant connu, les habitants du quartier ayant alerté sur les fissures et l’écroulement imminant du bâtiment. Mohamed Lamine Sy Savané, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a présenté les condoléances du gouvernement aux familles des victimes, avant de d’évoquer une violation du communiqué de son département qui suspendait les constructions dans le Grand-Conakry. Selon le ministre, les populations riveraines avaient été alertées sur le danger que représentait le bâtiment. Il a exhorté la population de Conakry et de celle de l’intérieur du pays à plus de vigilance. « Pour ce cas précis, les services compétents, conformément au communiqué du gouvernement qui suspendait tous les travaux dans le Grand-Conakry et dans les autres grandes villes, ce chantier malheureusement a connu une reprise hier. Comme pour répondre au parcours, l’effondrement s’en est suivi ».
Mohamed Lamine Sy Savané a indiqué que les investigations sont en cours pour situer les responsabilités. Même que le bâtiment fera l’objet d’investigations. « Les autorisations, si elles ont été données, tout cela sera examiné. Le communiqué sera très clair sur tous ces aspects. Nous devons savoir ce qui s’est réellement passé et tirer toutes les conséquences qui s’imposent », a-t-il martelé.
Les services de sécurité composés des policiers, gendarmes, du génie militaire et des sapeurs-pompiers ont été mobilisés sur les lieux. Ils ont continué les fouilles toute la journée, pour s’assurer qu’aucune victime ne se trouve sous les décombres.
Rappelons que dans la nuit du 16 au 17 juillet dernier, un autre immeuble R+9 en chantier s’était effondré à Démoudoula, dans la commune de Ratoma. Le bilan humain avait fait état de 16 victimes dont 8 morts. Le propriétaire du chantier, un ingénieur et une autre personne non identifiée ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt le 24 juillet à la Maison centrale. Depuis, leur procès n’a pas encore démarré.
Mamadou Adama Diallo

