Le ministre des Sports, Cellou Baldé, a animé lundi 17 août, une conférence de presse dans l’enceinte du Stade Général Lansana Conté de Nongo. Question pour lui de faire le point sur l’homologation du stade du 28-Septembre et sur l’état d’avancement des travaux du stade de Nongo. Un exercice de communication où les annonces positives ont côtoyé des zones d’ombre que le ministre a lui-même reconnues.
Le dernier match du Syli national disputé à domicile remonte à 2021, faute de stade homologué par la Confédération africaine de football (CAF). Pour remédier à la situation, les travaux de rénovation du stade du 28-Septembre, confiés à l’entreprise guinéenne Guicopress, ont démarré le 23 août 2023. Ceux du stade Général Lansana Conté de Nongo, réalisés par les entreprises, éthiopienne Tacon et italienne, Limonta, avaient commencé un an plus tôt, précisément en octobre 2022. Selon les prévisions initiales, les chantiers devaient être achevés dans des délais respectifs de 12 à 18 mois. Mais, près de quatre ans après, il reste encore du chemin à parcourir.
Du stade du 28-Septembre
Samedi 15 août, la CAF a accordé une homologation temporaire au stade du 28-Septembre permettant au Syli national d’y disputer son match de qualification le 1er octobre prochain. Une nouvelle saluée par le ministre comme la fin d’un exil de près de cinq ans pour l’équipe nationale. Toutefois, Cellou Baldé a toutefois distingué homologation temporaire et définitive.
Le directeur du service des infrastructures sportives, Mamady Kourouma, a précisé que le stade est achevé, mais trois chantiers restent en suspens avant qu’il ne puisse prétendre à une homologation pérenne. Il s’agit notamment de l’équipement des zones mixtes, vestiaires et espaces sanitaires ; la finalisation de la clôture d’enceinte ; l’achèvement de la voirie interne et l’isolement des zones qui ne relèvent pas directement de l’enceinte sportive. Cependant, le ministre a relativisé. Il signale que l’homologation définitive ne dépend pas uniquement de l’état du bâti, mais aussi du comportement du public. Il a averti que si un stade dont la capacité se situe entre 16 et 18 000 places, accueille 25 000 spectateurs le jour du match, cela ferait courir un risque réel de retrait de l’homologation et « bonjour les dégâts », a-t-il résumé.

Concernant la gestion de l’infrastructure, elle est à l’état de réflexion. Cellou Baldé a évoqué la piste d’un partenariat public-privé, sans toutefois trancher. « C’est bien beau de construire, mais la gestion est une problématique majeure que nous allons résoudre ». Un aveu qui laisse entendre qu’aucun modèle n’est encore arrêté, alors même que le stade doit rouvrir ses portes dans quelques semaines. Le ministre a lancé un appel à la responsabilité des supporters et de la Fédération guinéenne de football, rappelant que le stade « appartient désormais à la nation guinéenne » et doit être protégé de toute dégradation.
Du gazon synthétique à la place du naturel
Concernant le stade de Nongo, les nouvelles sont présentées comme positives mais restent très empreintes de conditionnel. Le gazon destiné à la pelouse de compétition, fourni par l’entreprise italienne Limonta est arrivé et son installation devait débuter dans la foulée. D’une vue extérieure avec un nouvelle couche de peinture, le travail semble quasi terminé, mais à l’intérieur, le chantier est encore vaste. Les machines tournent sans arrêt et du matériel non installé est posé à chaque coin de l’infrastructure. La fermeture de la toiture des deux extrémités est loin d’être achevée.
Du terrain d’entraînement
Le terrain d’entraînement est quant à lui présenté comme « presque achevé ». L’entreprise éthiopienne Tacon, chargée des travaux, se serait engagée à acheminer le reste du gazon par voie aérienne pour éviter tout retard. Sur cette base, le ministre a évoqué la possibilité que le match du Syli, prévu en novembre, puisse se jouer à Nongo. Une hypothèse formulée avec prudence. « On peut espérer que peut-être », sans date de livraison ferme ni engagement définitif sur l’homologation par la CAF, qui ne pourra être sollicitée qu’une fois l’ensemble des travaux achevés.

Des fissures ont été récemment observées dans le secteur où se trouve le stade de Nongo. Elles ont suscité des interrogations sur la sécurité du site. Cellou Baldé s’est montré rassurant, indiquant qu’un comité technique interministériel suit la situation, et que le stade « n’est pas impacté » jusque-là. Il a assuré que les travaux seraient arrêtés et une communication sera faite en cas de risque avéré. Cette réponse peu rassurante laisse transparaître qu’aucune certitude définitive n’a encore été établie sur l’origine ou l’évolution de ces fissures.
Des millions de dollars
Lors de sa conférence, le ministre a été interpellé sur les montants alloués à la rénovation des deux stades. Ils s’évalueraient à environ 2,5 millions de dollars. Cellou Baldé a répondu en insistant sur le fait que les coûts d’infrastructures sportives internationales sont indexés sur les devises internationales et se situeraient, selon lui, « dans la fourchette » des standards du marché, sans toutefois communiquer de chiffres budgétaires précis. Il a promis la transparence sur d’éventuels « dossiers suspects » ou « contrats qui interrogent ». Sa réponse renvoie à plus tard la clarification de l’ampleur réelle des sommes engagées pour la rénovation des stades.

Bien qu’annoncé pour la fin d’année 2026, la date de livraison du stade de Nongo reste très conditionnée. Le ministre a lui-même reconnu que la vigilance devait rester de mise.
Abdoulaye BAH

