Le 18 août, des dizaines de femmes étalagistes sont descendues dans la rue à Enco5, commune de Matoto. Elles dénoncent « le prix élevé » de la location des boutiques et magasins dans le « nouveau » marché où elles sont relogées. La mairie de Matoto leur promet un prix « abordable ».
Après le déguerpissement en janvier dernier des emprises et d’autres façades des boutiques et magasins autour du rond-point Enco5, les autorités ont relogé les déguerpis dans une cour d’Enco5. Depuis plus de six mois, des femmes, majoritairement étalagistes, dénoncent un coût élevé de la location des boutiques dans ce « nouveau marché ». Elles étaient nombreuses dans la rue le 18 août, empêchant momentanément la circulation sur la transversale N° 4 (Enco5-Sangoyah). Elles s’insurgent contre le « favoritisme » dans la concession des boutiques.
« Une partie de ce marché est disponible, mais nous constatons que l’attribution des magasins se fait par favoritisme : on accorde des magasins à des commerçants venus de Madina, prêts à débourser des millions de francs guinéens. Alors que nous, nous n’avons pas assez de moyens. C’est grâce à ce petit commerce que nous nourrissons nos familles », dénonce Alamako Kourouma. Pour elle, la location d’une boutique est exorbitante : « Dans ce nouveau marché, le loyer d’une boutique varie de 2 500 000 à 7 000 000 Gnf par mois. Les tables sont louées à 150 000 Gnf par mois. »
Dame Kourouma rappelle que les femmes déguerpies s’étaient « pliées à la décision du Président Mamadi Doumbouya lorsqu’il a exprimé sa volonté de dégager les encombrants physiques le long des voies publiques. Nous avons décidé de libérer la route pour nous installer dans la cour (nouveau marché) qu’on nous avait indiquée à l’époque. » Selon elle, c’est le Haut commandement de la gendarmerie qui les avait montrés l’espace : « Balla Samoura était venu nous demander d’accepter de nous installer temporairement dans la cour où nous sommes actuellement. Il nous a également montré l’espace situé en face qui doit nous accueillir, une fois la construction des magasins terminée. » Alamako Kourouma lance un appel : « Nous demandons au Président Mamadi Doumbouya de nous venir en aide pour que nous puissions exercer nos activités. »
Mohamed Tahir Souaré, vice-maire de Matoto, rassure que les magasins dont les prix sont jugés chers seront scindés. Il annonce que le maire a déjà écrit à « la plus haute autorité, pour demander à l’investisseur de subdiviser les grands magasins dont les prix sont élevés en de plus petites unités, afin d’offrir à nos sœurs des boutiques à moindre coût. L’État s’active dans ce sens. Le message est très simple : qu’elles soient rassurées, le Président de la République, Mamadi Doumbouya ne les abandonnera jamais. »
Souleymane Bah

