Dar-es-Salam n’a jamais autant mal incarné son nom (havre de paix en arabe). Exactement neuf ans après le glissement meurtrier de 2017, l’histoire se répète à la décharge de la Minière (ou Dar-es-Salam). Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, une très forte pluie a provoqué un éboulement de la montagne d’ordures, causant encore une fois de plus des pertes en vies humaines et des nombreux blessés. Faudrait-il le rappeler, les pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur Conakry le 22 août 2017 avaient causé la mort de neuf personnes et de nombreux blessés, suite au glissement d’un pan de la même décharge. Les deux drames ne seraient nullement survenus, si nos autorités à tous les niveaux avaient fait preuve de beaucoup plus de responsabilité.

Annoncée à plusieurs reprises, la fermeture de la décharge de Dare-es-Salam attend toujours, au grand dam des riverains exposés aux nuisances et autres incommodités. Cette fermeture avait été pourtant décidée en 2023 par le Général Mamadi Doumbouya.

Pour mémoire, la décharge de Dar-es-Salam, autrement appelée de la Minière, accueille 30 % des 1200 tonnes d’ordures produites par jour à Conakry. Située à 13 km du centre-ville de Kaloum, cette décharge d’une dizaine d’hectares, représente un danger permanent pour les populations riveraines. Ouverte dans les années 1980 pour une population de cinq cent mille habitants, elle devait être délocalisée vingt ans après. Le laxisme aidant, on a laissé faire. Avec les conséquences que nous vivons.

Aujourd’hui plus que jamais, des mesures urgentes devraient être prises à savoir :

  • Procéder à la fermeture systématique et sans délai de la décharge et assurer le transfert des ordures sur le site de Baritodé (Coyah), devant servir de décharge publique moderne et sécurisée ;
  • Reloger les occupants de la zone pour les protéger contre d’éventuels drames ou de maladies ;
  • Doter l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique de budget d’équipement et de fonctionnement pour lui permettre de jouer pleinement son rôle.

Il revient à nos autorités de dépasser le cap des constats, pour mettre en oeuvre une politique d’anticipation. A l’annonce du gouvernement de réaliser une cartographie des zones à risques, nous étions convaincus que cette démarche allait aboutir à des actions concrètes, susceptibles de prévenir pareilles catastrophes. Que nenni. 

Thierno Saïdou Diakité