Les travaux de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée) ont pris fin ce 1er septembre à Conakry. À l’issue de cette rencontre consacrée aux enjeux de la régulation des réseaux sociaux, le président de la Haute autorité de la communication (HAC) de Guinée, Boubacar Yacine Diallo, a été porté à la tête de la plateforme pour un mandat de deux ans.
Organisée par la HAC, cette 12ᵉ Assemblée générale a réuni les représentants des organes de régulation de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée autour du thème : « La régulation des réseaux sociaux face aux défis de la cybersécurité et de la préservation de la cohésion sociale : quels mécanismes harmonisés pour l’UEMOA et la Guinée ? »
Durant les travaux, les participants ont insisté sur la nécessité d’adapter les cadres juridiques aux mutations du paysage numérique. Face à la montée en puissance des plateformes numériques, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, les régulateurs estiment nécessaire de renforcer la coopération et d’harmoniser les règles applicables dans les différents pays de l’espace couvert par la plateforme.
Élargir les pouvoirs des régulateurs
Parmi les principales recommandations adressées aux États, figure l’adaptation des textes législatifs et réglementaires afin de permettre une régulation plus efficace des plateformes numériques. Les participants préconisent notamment d’élargir les compétences des organes de régulation aux plateformes numériques et aux plateformes de partage, mais aussi de renforcer et d’harmoniser les réglementations relatives au numérique et à l’intelligence artificielle. Ce, pour éviter que les différences de législation entre les pays ne constituent un obstacle à la régulation de contenus qui, par nature, dépassent les frontières nationales.
La plateforme entend également promouvoir une convergence réglementaire entre ses différents membres. L’objectif est de parvenir à des approches communes face aux contenus numériques transversaux, notamment ceux diffusés sur les réseaux sociaux. Les participants recommandent, à ce titre, la mise en œuvre de l’accord de collaboration entre l’UEMOA et la PRA-UEMOA-Guinée, afin de favoriser l’adoption de normes communautaires sur les réseaux sociaux.
La Guinée portée à la présidence
Autre chantier identifié : l’éducation aux médias et au numérique. La plateforme souhaite promouvoir davantage ces outils afin de permettre aux populations de mieux comprendre les usages, les opportunités mais aussi les risques liés aux réseaux sociaux. Les régulateurs souhaitent par ailleurs renforcer le dialogue avec les grandes plateformes numériques. Ils recommandent l’établissement de protocoles spécifiques destinés notamment à garantir davantage de transparence concernant les algorithmes et les mécanismes de modération des contenus. Les participants recommandent de veiller à la régularité des rencontres du Comité des juristes experts en régulation des médias et en technologies de l’information et de la communication (TIC). L’objectif est de permettre à cet organe de jouer pleinement son rôle dans l’accompagnement juridique et réglementaire de la plateforme.
Dans son discours de clôture, Boubacar Yacine Diallo a rappelé que la régulation de l’audiovisuel ne devait pas être conçue « contre les citoyens ou les médias », mais au service de la confiance, de la dignité humaine et de la paix. Prenant officiellement les rênes de la PRA-UEMOA et de la Guinée pour les deux prochaines années, le président de la HAC de Guinée s’est engagé à faire de l’institution guinéenne le moteur d’une coopération « dynamique, solidaire et résolument tournée vers l’avenir. »
Yacine Diallo

