Un bras de fer oppose Électricité de Guinée (EDG) à la mairie de Ratoma, sur fond de factures impayées ayant entraîné un black-out  électrique  de  l’Hôtel de ville. Le différend risque de terminer devant dame Thémis.  

Depuis le 25 août, le torchon brûle entre l’entreprise publique EDG et la Mairie de Ratoma. A l’origine du conflit, une facture dépassant les 600 millions de francs glissants, non encore soldée. Électricité de Guinée n’a pas hésité à couper l’alimentation de la marie. De quoi hérisser les poils des responsables de la commune.  

En représailles, l’amer maire, Kabinet Diawara, a ordonné la fermeture temporaire de l’agence EDG de Taouyah. Le 28 août, la tension est montée d’un cran après une intervention des forces de l’ordre à ladite agence. Plusieurs agents de la société disent avoir été molestés lors de la descente. Bilan : au moins trois personnes blessées et hospitalisées. Hadja M’balou Magassouba, déléguée régionale d’EDG, affirme avoir été prise à partie alors qu’elle tentait de protéger une collègue enceinte. « Quand j’ai vu une de nos agents en état de famille être frappée, je me suis interposée et je l’ai couverte de mon corps pour la protéger. C’est ainsi qu’ils se sont acharnés sur moi ».  

La secouriste s’est réveillée à l’hôpital. Les agents d’EDG dénoncent la « confiscation de plusieurs téléphones ayant servi à filmer la scène ». L’un des appareils aurait été restitué après suppression des pièces à conviction (vidéos enregistrées lors de la descente musclée).  

Le maire admet des impayés, mais qui se chiffreraient à 11 millions de francs glissants, dont 5 millions déjà réglés. Il affirme que les arriérés antérieurs à son arrivée à la commune s’élèvent à 359 millions de francs, mais qu’ils concernent aussi d’autres services publics installés dans la zone, dont la Maison des jeunes, la Gendarmerie et la Police.  

Saisine de la justice 

Le maire de Ratoma nie catégoriquement les accusations portées contre les forces de l’ordre et conteste la version livrée par les responsables d’EDG. Kabinet Diawara reconnait avoir demandé l’intervention de la gendarmerie, mais dément avoir donné des instructions pour agresser les agents d’EDG ni saccager les locaux de l’entreprise. 

Concernant la femme enceinte, Kabinet Diawara l’accuse d’avoir barrer la route à la flicaille. « Un médecin a conclu qu’elle n’était pas enceinte », conteste l’élu qui s’en prend à la déléguée régionale d’EDG, qu’il accuse de propager des « contre-vérités ». 

La direction générale d’EDG, elle, ne veut pas se laisser marcher dessus. Elle a décidé de porter l’affaire devant la justice, en engageant des poursuites contre le maire de Ratoma. « Suite aux actes illégaux, aux actes qui choquent la conscience républicaine, planifiés, préparés et exécutés par le maire, la Direction générale de l’EDG, à travers la Direction des affaires juridiques et contentieux, a décidé de saisir le tribunal correctionnel de Dixinn », précise Yaovi Afadodan, dirlo des affaires juridiques et contentieux de l’Électricité de Guinée. Une citation à comparaître a été délivrée à Kabinet Diawara par voie d’huissier. La première audience est annoncée pour le 15 septembredevant le tribunal correctionnel de Dixinn. 

A peine installé à la tête de la Mairie de Ratoma, Kabinet Diawara n’est plus l’élu d’une partie de ses administrés ?  

Abdoulaye Pellel Bah et 

Mariama Dalanda Bah