Le spectacle quotidien des longues files d’attente des citoyens en quête d’une éventuelle occasion (taxi, bus, minibus, motos) pour se rendre à Kaloum (centre-ville), ou rejoindre en fin de journée leurs domiciles est révoltant. Au regard de sa configuration géographique, Conakry s’étire en longueur. Avec la particularité que le Centre administratif soit concentré dans la commune de Kaloum. Conséquence, l’on assiste dans la matinée et en fin de journée à un flux et reflux des usagers de la route. Cette désopilante situation dénote tout simplement la faillite de la gestion des transports publics. Aucune initiative n’est prise pour améliorer la mobilité des usagers de la route. A contrario, on va de mal en pis avec la dégradation des services offerts par le ministère des Transports.
Il y a quelques semaines, comme pour démentir notre constat, le ministère des Transports a annoncé l’arrivée de 300 bus et de 300 taxis en vue d’améliorer les transports urbains. Selon lui, ce renforcement du parc de bus et de taxis vise à offrir aux populations des meilleurs moyens de transport en commun, pour réduire la dépendance aux deux roues et aux tricycles. Même si dans une certaine mesure, l’arrivée de ces engins roulants vont soulager les populations de Conakry, il n’en demeure pas moins vrai que d’autres conditions sont à satisfaire pour pérenniser non seulement la gestion du parc roulant, mais aussi pour aboutir à l’objectif attendu : à savoir la mobilité effective des citoyens de la capitale.
Aussi, il faut noter que la durée de vie du parc roulant dépend dans une grande mesure de l’état des routes de Conakry, qui ne sont pas toutes carrossables. Pour donc réussir la concurrence aux taxis privés et tricycles, ces bus et taxis devraient pouvoir desservir les zones et quartiers empruntés par les engins concurrents.
Faudrait-il le souligner, la problématique du mauvais état de nos routes est toujours d’actualité depuis plusieurs années. Au fil du temps, malgré des milliards de francs guinéens investis chaque année dans le patrimoine routier, ce dernier est toujours confronté à de récurrents problèmes, qui affectent sérieusement la mobilité des usagers des routes, avec des effets sur la durée de vie des engins roulants.
Sur un tout autre plan, pour pallier à l’échec des différentes sociétés de transports, qui se sont succédée depuis l’accession du pays à l’indépendance, il serait judicieux de songer à la mise en place d’une chaîne de montage de bus à l’instar de pays comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Une telle démarche contribuerait, dans une très grande mesure, à faire des économies de devises destinées à l’importation des bus et taxis, avec des effets bénéfiques dans la gestion du parc roulant : formation du personnel local et sa motivation, dotation permanente en pièces de rechange, ce qui suppose la mise à disposition d’un budget de fonctionnement conséquent, dont la gestion ne devrait souffrir d’aucun manquement à l’orthodoxie financière.
Pour donc avoir à moyen terme un réseau de transport urbain moderne et intégré, nos autorités devraient avoir une vision ambitieuse, qui prend en compte tous les facteurs liés à l’aménagement de l’espace urbain de Conakry. Selon un spécialiste des questions de transport, 80% des déplacements urbains se font encore à pied et dans des transports non conventionnés (taxis collectifs, minibus et motos). Il préconise e » donner la priorité à des modes de transport de masse sur les principaux axes de la ville de Conakry, eux-seuls pourraient réduire les coûts et les embouteillages.
Thierno Saïdou Diakité

