Deux ans après la plainte pour « séquestration et enlèvement illégal » déposée par le jeune militant du Pastef Pape Abdoulaye Touré, un agent de sécurité du campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar a été placé en détention préventive et deux autres membres de l’équipe de l’ex-ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour ont été placés sous contrôle judiciaire, mardi 22 septembre. Une quatrième personne, le chef de sécurité du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), a également été placée sous contrôle judiciaire, mercredi.
Ce sont les premières interpellations dans le dossier des violences politiques commises entre 2021 et 2024 lors de la répression de manifestations de l’opposition au Sénégal : deux ans après la plainte déposée par le militant du Pastef Pape Abdoulaye Touré, le tribunal de grande instance de Dakar a procédé aux premières inculpations, mardi 22 septembre.
Accusé d’association de malfaiteurs et de crime contre l’humanité dont actes de torture – une qualification qui permet de contourner la loi d’amnistie portant sur cette période adoptée en mars 2024 – un agent de sécurité du campus de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar a d’abord été placé en détention préventive.
Deux autres personnes ont, quant à elles, été placées sous contrôle judiciaire – et sous bracelet électronique pour l’une d’entre elles – pour toute la durée de l’instruction. Il s’agit d’un membre du protocole de l’ancien ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour et d’un individu appartenant à sa garde rapprochée, qui est lui aussi accusé de crimes contre l’humanité.
l’ONG Amnesty international qui accompagne les familles des 65 victimes recensées dans ce dossier a salué l’initiative, tout en appelant la justice à interroger également les forces de l’ordre.
Aujourd’hui, aucune action n’est encore menée en direction du chef de la gendarmerie.
Seydi Gassama, directeur d’Amnesty International Sénégal
Étudiant en master de droit, le jeune Pape Abdoulaye Touré, avait décidé de porter plainte pour « séquestration et enlèvement illégal » en septembre 2024, expliquant que des hommes qui affirmaient être des agents de sécurité de l’ex-ministre Pape Malick Ndour accompagnés de gendarme en tenue l’avait arrêté non loin de chez lui, puis agressé, torturé et menacé de mort dans la nuit du 2 au 3 juin 2023.
Des images le montrant le visage tuméfié en train d’être tabassé avaient alors énormément choqué l’opinion.
Par RFI

