Après avoir participé à la 81e scission de l’Assemblée générale des Nations unies, le Prési Mamadi Doum-bouillant est rentré au bercail. Le 25 septembre, il a été accueilli en grande pompe à Cona-cris par ses partisans. Histoire de laver l’affront de New-York ?

Le coucou présidentiel s’est posé sur le tarmac de l’aéro-hangar Ahmed Sékou Tyran à 11h 50mn. À sa descente d’avion, le Chef de l’Etat, de blanc vêtu, a traversé son tapis rouge sans serrer la main aux officiels. Inhabituel. Simple décision du prési Mamadi Doum-bouillant ou frustration engendrée par les mésaventures subies par sa délégation à New-York ? Le Prési, accueilli en grande pompe, a préféré communier avec ses partisans mobilisés à l’extérieur de l’aéro-hangar. Adeptes et adulateurs, déployés par des teufs-teufs (minibus) y étaient fortement massés. Ils avaient pris d’assaut le rond-point jouxtant l’aéro-hangar et débouchant sur l’autoroute Fidel Casse-trop. À New-York, des opposants à son régime l’ont hué devant son hôtel, ils ont dénoncé «la violation des droits humains» en Guinée. Mais à l’aéro-hangar international, pour rendre l’accueil plus chaleureux, les personnes mobilisées sont parées de t-shirts blancs à l’effigie du Prési. Leur distribution se faisait sur place. Sur des banderoles et pancartes, on pouvait lire : « Encore la Guinée sur la scène internationale », ou « Mamadi Doumbouya, le bon Président ». Le Prési de la roue-publique s’est donc offert un bain de foule pour oublier l’épisode new-yorkaise.

Fanta Condé est venue de Tombolia. Elle se dit fière de Mamadi Doum-bouillant : « Nous sommes là pour souhaiter bon retour à notre Président bâtisseur. Il a assumé devant le monde entier, il a rendu les Guinéens fiers. Nous sommes contents ». « Tout comme en 2023, Mamadi Doumbouya a pris la parole devant le monde. Il a montré que notre pays avance grâce à sa bonne gouvernance », renchérit Tidiane Diallo.

Panique à l’aéroport

Comme à chaque retour de voyage du Doum-bouillant, l’aéro-hangar est quadrillé par un impressionnant dispositif sécuritaire. Le 25 septembre n’a pas dérogé à la règle. Bidasses et flics, les yeux aussi rouges que leurs bérets, armés jusqu’aux dents, ont investi les lieux très tôt le matin. À la sortie de l’aéro-hangar, pendant que Prési se dirigeait vers le Palais Mohammed V, une détonation a été entendue, semant la panique dans la foule. Selon un témoin, un bidasse vissé sur un blindé, aurait actionné, par inadvertance, une roquette : « C’est une roquette. Nous ne savions pas qu’elle était chargée, moi j’étais en face de lui, il a tiré par erreur, et ça a explosé. Nous avons tous eu peur», déclare un fan, venu accueillir le Doum-bouillant. Selon notre interlocuteur, le tireur était blessé : «Son bras ainsi qu’une partie de son visage était couvert de sang. Ils l’ont mis dans le véhicule.» Dans le coin, c’était le sauve-qui-peut, deux vendeuses de jus se sont évanouies. Elles ont été secourues par de bonnes volontés.

Des blessés à Gbessia

Un peu plus tard dans la journée, l’on a appris qu’un objet non identifié est tombé sur une maison à Gbessia-Cité 2. Bilan, deux blessés et des dégâts. Un homme et son enfant, couchés dans une chambre, ont été blessés par l’explosion de cet objet : « Nous ne savons pas de quoi il s’agit, mais il a explosé quand il est tombé sur la maison. Le mur est tombé, les voisins ont commencé à crier », déclare à Refletguinee, un témoin sous anonymat. Le coup de roquette du bidasse moins vigilent à l’aéroport ? En tout cas, les lieux ont été rapidement quadrillés par des agents en uniforme.

Le Doum-bouillant « comblé » de joie

Dans la soirée, Mamadi Doum-bouillant s’est adressé aux Guinéens sur sa page Facebook. Il se dit comblé de joie: «Conakry m’a offert l’une des plus belles émotions de ma vie.» Selon lui, la mobilisation de l’aéroport à Kaloum était forte. «Vous étiez là, par milliers, jeunes et anciens, femmes et hommes de toutes les régions, unis dans la même fierté. Je vous ai vus, je vous ai entendus, et mon cœur en est profondément touché», écrit-il. Il appelle à renforcer la cohésion sociale et le vivre-ensemble, «car la République de Guinée est une et indivisible. Nos différences sont une richesse, jamais une fracture. Le seul combat qui mérite d’être mené est celui contre la pauvreté. Ensemble, continuons à travailler sans relâche pour accélérer le développement socio-économique de notre pays et assurer le bien-être de chaque Guinéen.»

Souleymane Bah