À la faveur d’un point de presse du 29 septembre à Kaloum, le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a communiqué sur les concours de recrutement à la Fonction publique. Au menu : annonces, mesures, perspectives.

Au compte des ministères de la Santé, de la Justice, de l’Assainissement, de l’Enseignement supérieur et de celui de l’Éducation nationale, l’État envisage le recrutement de 7 197 fonctionnaires jusqu’à octobre 2027. L’objectif: rajeunir, féminiser et moderniser l’administration publique. Le ministre de la Fonction publique, Faya François Bourouno, déclare que désormais on ne recrute plus pour recruter, mais on le fera conformément à des besoins identifiés en termes de métier et de profil. Selon lui, si auparavant ce sont les relations qui permettaient d’accéder à la Fonction publique, aujourd’hui, « c’est le mérite. On va saisir les procureurs pour traquer les responsables de toute tentative de fraude et les poursuivre, mais aussi saisir l’Agence nationale de la sécurité du système d’information pour mettre en place un signalement de fraude », annonce-t-il. 

«Nous avons modernisé complètement la Fonction publique, digitalisé complètement tous les processus. Nous avons une base de données des effectifs et de la masse salariale. Nous avons un répertoire actualisé des emplois, des métiers et des compétences. Nous avons un cadre organique opérationnel dotant chaque agent d’une fiche de poste, d’avoir une base d’évaluation, mais aussi une base harmonisée de gestion administrative. L’évaluation de la performance des agents a été mise en place, car l’administration moderne est pilotée sur la base de la performance, qui voudrait que chaque agent soit évalué pour apprécier le niveau d’atteinte des objectifs qui lui sont assignés», explique le ministre Faya François Bourouno. Selon lui, les femmes étaient à 27% dans l’administration publique avant le 5 septembre 2021 ; ce pourcentage est désormais à 31% à l’issue des recrutements et réformes opérés par les autorités actuelles. «Nous avons espoir qu’à l’issue de ce recrutement, les femmes seront davantage représentées dans la Fonction publique.»

 « Il n’y a pas de menace de grève »

Parlant de l’enseignement préuniversitaire, le ministre souligne que le concours de recrutement est exclusivement ouvert aux enseignants contractuels communautaires, aux diplômés de l’ISSEG et de ceux des ENI. Et de préciser que le concours s’ouvre non seulement à ceux qui ont passé celui de 2024 (recalés et ayant eu la moyenne) à l’intérieur du pays, mais aussi à ceux de Conakry qui « n’étaient pas à l’ordre du jour ; mais le gouvernement leur a ouvert la porte.»

En outre, l’intersyndicale de l’Éducation, elle, exige l’engagement direct des 4 500 enseignants contractuels communautaires à la Fonction publique, sans concours ; comme le dit le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. « Le gouvernement tient à respecter ses engagements, mais aussi toutes les règles de rigueur, de transparence et d’égalité des chances. Le protocole d’accord de janvier 2026 sera respecté, mais nous resterons sur des critères rationnels de recrutement pour la qualification du système éducatif. Les rencontres avec nos partenaires sociaux vont se poursuivre, c’est un dialogue permanent. Nous avons travaillé en concertation, il n’y a pas de problème », croit le ministre. Ajoutant que le gouvernement n’a pas de souci au sujet des incompréhensions survenues autour dudit protocole. «Il n’y a aucune menace de grève à l’ouverture des classes. Les enfants qui doivent aller à l’école sont les nôtres ; ce sont nos frères et nos sœurs. Nous devons créer des conditions pour leur éducation. De 2015 à 2020, nous avions connu un désordre dans le système éducatif. Nous ne devons plus renouer avec ces pratiques, car la vision du chef de l’État est de garantir la justice sociale», déclare le ministre. Au sortir des discussions avec le gouvernement, le 28 septembre, l’intersyndicale de l’éducation a affirmé «qu’on n’est pas loin de la fumée blanche.»

Besoins à recruter

Au total 7 197 postes sont à pourvoir : 6 000 enseignants au préuniversitaire, 500 enseignants-chercheurs titulaires d’un PhD, 697 médecins spécialistes. Pour les 6 000 postes d’enseignants, les candidatures seront reçues jusqu’au 11 octobre, suivies des épreuves le 24. Les résultats sont attendus dès le 2 novembre prochain. Les 500 enseignants-chercheurs et 697 médecins spécialistes pourront, eux, s’inscrire jusqu’au 24 octobre, avant des entretiens prévus du 26 octobre au 9 novembre. Leurs résultats seront annoncés à partir du 13 novembre. Le recrutement pour la santé générale suivra dès le 16 octobre, avec 4 500 postes à concourir ; puis le recrutement de 2 000 agents contractuels pour l’assainissement à partir du 28 novembre 2026. Le calendrier se prolongera en 2027 avec 200 greffiers et 100 magistrats ; puis une deuxième vague de 3 000 enseignants et 2 500 agents de santé. Des examens professionnels destinés aux fonctionnaires déjà en poste sont également programmés séparément, entre novembre et décembre 2026.

Yaya Doumbouya