Un affrontement entre les habitants de Sananfra et de Sonalanoh, deux hameaux d’une même lignée, dans les districts de Kignébakoura et Frenkanmaya, a fait six blessés par balles, le 27 octobre. Selon les informations communiquées par le médecin ayant pris en charge les victimes, des coups de feu ont été entendus au cours de l’altercation. Face à la situation, les autorités sont appelées à agir.

Les six blessés ont été admis d’urgence à l’hôpital de Siguiri, pour des soins appropriés. Parmi eux, figure un usager de la route, de passage à moto, au moment des faits ; il a été atteint par des projectiles.

Selon Abdoulaye Bachir Condé, médecin- légiste à l’hôpital de Siguiri, les six victimes ont bénéficié d’une prise en charge médicale d’urgence, accompagnée d’examens d’imagerie. Il souligne que les diagnostics médicaux font état de plusieurs blessures par projectiles, notamment « une plaie balistique de l’épaule droite et du thorax, une plaie balistique de l’épaule droite et du bassin, un traumatisme crânien sans perte de connaissance, associé à une plaie balistique du membre inférieur droit, une plaie balistique de la cuisse droite, une plaie balistique de la cuisse, une plaie balistique de l’hémithorax gauche. »

Le médecin précise que l’état de santé des six blessés ne présentait aucun danger à ce stade. Il déplore particulièrement le recours aux armes à feu entre des personnes issues d’un même sang. « J me demande ce qui peut pousser une personne à prendre un fusil pour tirer sur ses semblables. Ces deux hameaux sont presque de la même famille. Quelle haine peut pousser quelqu’un à tirer à bout portant sur ses propres frères ? » s’interroge Abdoulaye Bachir Condé.

Appel à la responsabilité

Face à la situation, le médecin appelle les autorités compétentes à prendre les dispositions idoines, pour prévenir de nouveaux affrontements et lutter contre les actes de violence. Il dénonce le décalage entre les valeurs religieuses souvent invoquées dans la société et le recours à la violence meurtrière. « Je pense que les autorités doivent prendre les dispositions nécessaires face à cette criminalité. Les Guinéens aiment se réfugier derrière la religion, mais aucune religion n’autorise une personne à agir de la sorte. Si des personnes entretiennent de telles réflexions et en viennent à tirer sur leurs semblables, c’est une honte », estime-t-il.

Alors que les six blessés ont été pris en charge et sont annoncés hors de danger, les circonstances précises de l’affrontement et les mesures prises pour éviter une nouvelle escalade sont à déterminer.

Mariama Dalanda Bah